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A la découverte de l’hébergement pour enfants autistes du Bois l’Abbesse

Virginie Holgado présente l’emploi du temps d’un jeune hébergé à la semaine.

Depuis 2009, le Bois l’Abbesse dispose d’une structure d’hébergement à destination d’enfants autistes qu’elle accompagne. Lors de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, une visite était organisée. Zoom sur cette structure où sept jeunes de 6 à 20 ans sont accueillis.

Mardi 4 avril, une rencontre était organisée dans le cadre de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. La venue – entre autres – de la préfète de Haute-Marne Anne Cornet, était l’occasion d’entrer au sein de l’accueil d’hébergement d’enfants autistes du Bois l’Abbesse, dont les locaux se situent rue Marcel-Paul, au Vert-Bois.

Profil

Ouvert depuis 2009, l’internat « accueille actuellement sept enfants, qui sont âgés de 6 à 20 ans », détaille Virginie Holgado, cheffe de service de l’établissement. Sachant qu’une place temporaire est également aménagée. Tous ces jeunes viennent du territoire ; leurs familles se situent « au maximum à 30, 40 kilomètres. C’est déjà arrivé pour une situation temporaire au-delà de 80 kilomètres », poursuit la responsable. Les enfants y sont accueillis, hébergés et accompagnés au quotidien toute la semaine, avec des possibilités également le week-end : c’est ce que l’on appelle « le répit des familles ». A noter que sur le site situé chemin de l’Argente-Ligne (ainsi qu’à Langres), le Bois l’Abbesse propose aussi un accueille de jour.

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Concrètement, qui sont ces jeunes ? « Ce sont des enfants qui ont un trouble autistique que l’on appelle « sévère », voire « très sévère ». Dès lors, ils ont besoin d’un accompagnement très poussé. C’est notre rôle, en structurant leur temps, leur espace », détaille Virginie Holgado. Un gros travail est fait sur les spécificités sensorielles.

Symétrie

Pour illustrer « l’accompagnement structuré » évoqué par la responsable, le bâtiment a été conçu de manière symétrique, avec de part et d’autre, des chambres individuelles équipées d’un lit, d’une douche, de toilettes et d’un bureau (ce dernier n’est pas toujours systématique).

Un lieu de vie pour la prise de repas et les activités éducatives, une salle de jeux qui comporte un igloo, une petite zone appelée « exutoire » pour pouvoir se défouler à volonté, une salle de bain collective, ou encore une cuisine pédagogique composent les lieux. Pour des raisons de sécurité, les portes sont fermées en permanence.

N’oublions pas les bureaux, et surtout, la salle d’évaluation. C’est là que le diagnostic autistique est réalisé. Un système de vidéo permet filmer une mise en situation de l’enfant. A côté, dans une autre salle, l’instant est diffusé en visio à la fa mille, accompagnée de psychologues pour échanger sur les différentes réactions de leur progéniture. Un moment particulièrement difficile : « Quand la vérité éclate, en tant que parent on se sent toujours responsables. On a le sentiment d’avoir raté quelque chose, de ne pas avoir été à la hauteur. Il faut beaucoup de temps pour réaliser et surtout accepter », nous confiait une maman dans un autre cadre quelques semaines plus tôt.

Personnalisé

Comme l’illustrait très bien le directeur du Bois l’Abbesse Philippe Bossois : « On peut diagnostiquer un trouble autistique à un enfant, il n’y a pas de solution générale comme pour soigner une grippe. C’est toujours du cas par cas. » C’est là que toute l’équipe entre en jeu. L’enjeu futur sera, selon Laurane Vincent, la cheffe de service Sessad (section d’éducation spécialisée et de soins à domicile), « de diagnostiquer encore plus tôt pour que l’on puisse intervenir plus efficacement ».

Une fois plus âgé, les jeunes seront ensuite dirigés vers des structures adaptées pour les adultes, comme au Bois l’Abbesse. L’idée de les voir autonomes à l’avenir semble assez difficile, tout dépend le degré d’autisme du jeune. En témoigne cette phrase poignante de parents rapportée au cours de la visite : « Si notre fils arrive à tenir sa cuillère comme son frère, alors nous serons ravis. »

Louis Vanthournout

l.vanthournout@jhm.fr

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