S’il est bien un domaine dans lequel Marine Le Pen aura coiffé tous ses concurrents sur le poteau, c’est celui de l’anticipation. On se doutait que la présidente du Rassemblement national allait rempiler pour la présidentielle. C’est l’annonce d’une non-candidature qui aurait été un coup de théâtre. Mais si tôt…
On comprend aisément le choix de se lancer dès maintenant dans une nouvelle course à l’Elysée. Politiquement, la droite n’arrête pas de chercher comment elle va pouvoir renaître de ses cendres. Ne parlons pas des socialistes, qui sont encore dans la nostalgie des belles années. Jean-Luc Mélenchon, lui, a toujours la tête à ses bons résultats de 2017. Mais a beaucoup de mal désormais à prendre les rênes de la contestation et à regagner en crédibilité. La faute à ses coups de sang des derniers mois. Reste Ségolène Royal, qui presque malgré elle se voit propulser plus vite que prévu en candidate potentielle. Elle en rêvait, Emmanuel Macron lui en a offert l’opportunité. En démarrant maintenant, Marine Le Pen veut profiter de la situation et se poser en incontournable.
Alors ? Trop tôt ? Le pari est risqué. Dans notre société, tout peut évoluer très vite. Si le premier tour de la présidentielle se jouait aujourd’hui, nul doute bien sûr qu’elle aurait une sacrée carte à jouer. La concurrence est malade et le président de la République en position relativement inconfortable. La cheffe du RN a les cartes en main pour appuyer là où ça fait mal. Pour (re)faire de l’insécurité son angle d’attaque favori. L’insécurité, dans son sens le plus large d’ailleurs. Mais dans deux ans ? L’actualité sera différente. Socialement, économiquement. Et on sait très bien que les extrêmes ne sont jamais aussi mal à l’aise que quand les choses vont bien, ou relativement bien.
Rédaction