Si la musique était contée
Samedi 15 avril, à 18 h 30, dans le cadre des Journées d’histoire régionale sur le thème de “L’enfance, grandir au fil du temps”, se tenait, à la salle des fêtes Raymond-Hanin, un spectacle de contes musicaux proposé par la compagnie Le Chardon Débonnaire de Saint-Max, dans la banlieue de Nancy.
Le Chardon Débonnaire produit des spectacles autour des arts du récit : contes, mythes, légendes, cycles épiques toujours en musique. Sous l’impulsion de Guillaume Louis, qui oriente ses explorations vers les textes patrimoniaux européens depuis 2015, la structure propose d’élaborer des programmes adaptés qui entrent en dialogue avec un site historique, un musée, une manifestation, sur des thématiques antiques ou médiévales
C’est devant une bonne cinquantaine de spectateurs que les deux compères, Guillaume Louis et Pierre Zimmer, ont présenté ce spectacle dans un univers ouaté et absolument adapté à ces moments de découvertes inspirés des troubadours et trouvères médiévaux.
Les spectateurs ont pu entendre des histoires lorraines bien sûr, ce qui collait avec la sensibilité des organisateurs, le Comité d’histoire régionale. La douceur du soir n’était pas sans rappeler les veillées dans les fermes et les chaumières des siècles passés.
Ce spectacle était intitulé « A l’oreille de l’enfant », contes d’Emmanuel Cosquin, folkloriste français (1841-1919), auteur des Contes populaires de Lorraine, collectés dans le seul village de Montiers-sur-Saulx. Il défend la thèse selon laquelle les contes européens sont d’origine indienne. Pour lui, « la diffusion s’est faite à la façon d’une inondation régulière, partant d’un immense réservoir unique et poussant toujours devant elle dans toutes les directions. De là cette probabilité de trouver partout les mêmes dépôts. Ce réservoir, d’où les contes ont découlé à l’Orient vers la Chine, au nord vers le Tibet, à l’occident vers le monde musulman d’Asie et d’Afrique et l’Europe enfin. » La seconde partie du spectacle fut consacrée à “l’évasion du prisonnier”, un superbe récit plein de valeurs morales et de morceaux de musique sur des instruments un peu anciens aux sonorités agréables, une citole, une cousine de l’épinette du Val d’Ajol, une cithare, tambours et tambourins voisins du bodhran, instrument irlandais. Le public, entre autres deux fillettes au premier rang, qui ont dansé sur les différents rythmes, a apprécié beaucoup cette heure et demie passée à l’écoute de ces histoires anciennes mais toujours d’actualité.