Seconde vie pour les vieux ballons
Il y a cinq mois, Mathis Crépin achevait de vivre une expérience inoubliable de volontariat en Tanzanie auprès de l’association Sports Charity Mwanza, dont le but est de promouvoir le sport, plus particulièrement les sports d’équipes tels le football, spécialité de Mathis qui joue au SMC Marnaval.
Cette immersion près d’un peuple chaleureux et accueillant a bouleversé sa vision de la vie : « Cela m’a fait comme une piqûre de rappel d’humilité sur les choses essentielles, vitales, plutôt que celles superficielles qui prennent parfois un peu trop le pas dans notre vie, de nos jours. Là-bas, les gens travaillent et gagnent de l’argent pour nourrir leur famille, offrir une scolarité à leurs enfants. Ils font des sacrifices, parfois partent dans les grandes villes, loin de leurs proches, pour subvenir aux besoins de plusieurs personnes de leur foyer. Cela m’a rappelé les bases de la vie, qu’il faut profiter à chaque instant de son entourage et que l’entraide est ce qui nous lie les uns aux autres. »
A son retour, il a eu à cœur de continuer sa mission d’aide. La collecte de dons qu’il organise via une plateforme en ligne permet de financer une partie du troisième centre sportif construit par l’ONG. Heureux de l’élan de solidarité engendré par cette action, il a aussi mis en place une collecte de ballons qui, s’ils ne sont plus utilisés ici, seront réparés et recyclés là-bas. Grâce à la générosité des associations et clubs sportifs des environs et des Yvelines, des dons de particuliers, le jeune Calvin est allé livré samedi 12 novembre pas moins de 800 ballons, en Allemagne. Un second bénévole les transportera ensuite vers Hambourg, où un conteneur sera affrété, direction la Tanzanie. « Là-bas, le cuir des ballons inutilisables est recyclé, tout a une valeur », explique l’étudiant. « Les Tanzaniens m’ont beaucoup appris, ils sont toujours prêts à partager, à t’aider. Le football est le sport le plus populaire, leur unique loisir qu’ils pratiquent sur un terrain vague, un mélange de sable, d’herbe, avec beaucoup de rebonds, et les buts, ce sont souvent deux bouts de bois avec une ficelle. Les joueurs et joueuses ont toujours envie d’apprendre et de progresser, jamais de fainéantise ou de manque de motivation. »
A 22 ans, Mathis a pris conscience des valeurs qu’il souhaite faire siennes désormais : «Tu ne le fais pas pour de l’argent mais au contraire, pour le bonheur de faire le bien autour de toi, quand tu traverses la rue et que tu vois des enfants heureux avec une balle dans les pieds, c’est le plus beau des cadeaux. »