Saint-Dizier : 3 mois sans ascenseur, la colère monte à Indre
VIE QUOTIDIENNE. Les locataires de l’immeuble Indre, situé au Vert-Bois, expriment leur ras-le-bol face à un ascenseur qui tarde à être fonctionnel ou encore le manque de propreté dans les parties communes. Le bailleur, l’OPH de Saint-Dizier tient à les rassurer.
« On aime bien nos appartements. Mais les parties communes ce n’est plus possible… » À l’immeuble Indre, haut de dix étages et fort de 42 logements, construit en 1965 dans le quartier du Vert-Bois, les locataires commencent à s’impatienter. Ces derniers soulignent plusieurs problèmes depuis trois mois, qui ont pour conséquences une perte de confiance et de patience, vis-à-vis du bailleur qu’est l’Office public de l’habitat de Saint-Dizier (OPH).
Problèmes d’approvisionnement
Auparavant, selon la configuration de l’immeuble, l’ascenseur s’arrêtait tous les deux étages. Alors, l’OPH a décidé d’entreprendre des travaux. La principale mission étant de percer les murs de la gaine d’ascenseur pour que chaque pallier puisse désormais être desservi, remplacer le modèle existant par un neuf et de créer – en parallèle – une rampe pour personnes à mobilité réduite dans le local à vélo. Chose indiquée en toute transparence, dans le hall d’accueil.
Toutefois, si le planning des travaux a été respecté au démarrage (le 30 mai), le chantier a pris du retard : « ça fait six semaines qu’ils sont à l’arrêt, alors que ça devait être fini le 30 juillet », déplore Sabrina*, à Indre depuis 15 ans. « Plus de trois mois sans ascenseur, ça commence à faire long ». Pour la directrice de l’OPH, Delphine Paillardin, le retard pris est lié « aux difficultés d’approvisionnement de nos prestataires ». Apparemment, l’ascenseur était bloqué à Orly et certaines pièces en Espagne.
Bientôt le bout du tunnel ?
Mais l’attente commence à se faire sentir. D’après Sabrina, si certains « ne sortent plus de chez eux », deux locataires « sont partis vivre chez leurs enfants », le temps que le problème soit réglé. Pour les autres, comme Naijma* qui réside au 8e étage, c’est du sport ! « Il faut descendre pour amener les enfants à l’école, remonter pour préparer à manger, les chercher à midi, refaire de même l’après-midi… », résume-t-elle, s’apprêtant à monter deux sacs de courses.
Cependant, l’OPH avait anticipé le problème : « Les associations Tremplin 52 et Unis Cités nous accompagnent, pour le portage des courses, du courrier et des visites de courtoisie ». En ce sens, une affiche est également présente dans le hall, avec les numéros de téléphone des deux structures. Mais sur le terrain, les retours sont mitigés : « On m’a déjà dit que les sacs étaient trop lourds, que je devais demander à mes enfants », constate Naijma.
Mercredi 8 septembre, des pièces étaient entreposées dans le hall, et une réunion de chantier s’est tenue. « L’ascensoriste prévoit des essais de fonctionnement le 16 et une mise en service définitive le 21, si tout est OK », espère la directrice de l’OPH.
Louis Vanthournout
*Prénoms d’emprunt à leur demande
Le manque d’hygiène pointé du doigt
Hormis l’ascenseur, les locataires pointent du doigt le manque d’entretien des parties communes. « Une demi-heure par semaine pour nettoyer, c’est vraiment trop peu. Surtout que sans ascenseur, les passages sont plus fréquents », souligne Sabrina. « Nous sommes obligés de nettoyer nous-mêmes nos paliers, on se demande l’intérêt de payer des charges en ce sens… », interroge Monique*. Une situation temporaire selon l’OPH, qui s’arrangera avec le retour des ascenseurs : « Ces travaux sont générateurs de nuisance, et le nettoyage de notre prestataire est rendu complexe. Un décapage complet des cages d’escaliers est prévu à la fin de nos travaux ».
Niveau hygiène justement, les petits bêtes (cafards, blattes…) sont de plus en plus présentes. De quoi provoquer quelques sueurs aux locataires que nous avons rencontrés. Là aussi, un prestataire de l’OPH intervient. La dernière en date remonte à une quinzaine de jours. Quant aux pigeons, problème plus général à l’échelle du parc de logements, « un fauconnier intervient 15 jours pour du piégeage : 180 ont été capturés. Trois cages sont dissimulées sur nos immeubles », répond Delphine Paillardin.
Quant au local à poubelles, des résidents se plaignent qu’il ne soit nettoyé que lors des jours de passage (mardi et jeudi). Là encore, la directrice de l’OPH se montre claire : « Nous pourrions augmenter les fréquences de passage, mais les charges locatives augmenteraient en conséquence ». Le sujet a d’ailleurs été évoqué avec les représentants des locataires, qui ont choisi de ne pas retenir ce choix de gestion.