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Roller derby : 10 ans de roulettes chevillées au corps

Lors du tournoi, organisé dimanche 2 avril, le Roller Derby Saint-Dizier a fêté ses dix ans.

SPORT. Le gymnase Pergaud a accueilli, dimanche 2 avril, le tournoi organisé par le Roller Derby Saint-Dizier. Le premier événement à domicile de la saison pour le club célébrant ce jour-là ses dix printemps. De quoi éveiller quelques souvenirs chez ses membres.

Il est 11 h 40. Au gymnase Pergaud, le match bat son plein entre Les Grues luches de Saint-Dizier et Les Schlitteuses de Remiremont (dans les Vosges). Ça roule, ça se bouscule, ça tombe beaucoup également. Mais surtout, ça donne tout pour permettre à la jammeuse de son équipe, de réaliser un maximum de tours de track afin d’engranger de précieux points et remporter le tournoi. L’événement, organisé par les membres du Roller Derby Saint-Dizier et réunissant trois clubs de la région, a, ce dimanche 2 avril, une saveur bien particulière puisqu’il célèbre les dix ans de leur association. 

« On a commencé sur le parking du Décathlon »

Dans les tribunes, des amis, de la famille sont venus, y compris l’une des cofondatrices de l’organisation : Ilona Pietrzok, alias « Pied’choc frontal ». Le tournoi anniversaire a de quoi lui rappeler quelques souvenirs concernant l’arrivée, en 2013, de la discipline dans la cité bragarde. « Je jouais dans une équipe à Metz. Je vivais à Saint-Dizier. Avec des copines, on s’est dit « pourquoi pas créer un club ». » Les mots sont rapidement devenus des actes, et ce, même sans avoir de réelles connaissances du sport ni d’installations adéquates. « On a commencé par s’entraîner sur le parking du Décathlon [la future halle sportive, NDLR] », se remémore Ilona, tandis que sur le terrain, le temps d’une mi-temps, le roller derby laisse place à du twirling bâton. Elle poursuit : « Puis, la Ville nous a laissé le gymnase de la MJC qui nous a prêté un peu de matériels. On se disait « on passe notre temps chez l’ostéopathe » alors que ce n’est pas le but du sport. On se blessait souvent, mais c’est parce qu’on débutait ».

La bande de copines se prend de plus en plus au jeu. Après avoir trouvé un gymnase et des équipements cette fois-ci adaptés, elles sollicitent un entraîneur pour la préparation physique, étudient minutieusement les règles et passent les certifications nécessaires pour pouvoir faire des matchs. « Ce qui nous amusait, c’était cet esprit un peu rock’n’roll et ce côté un spectacle. Le roller derby ne s’arrêtait pas qu’au gymnase. On faisait des sorties, on allait aussi voir des matchs dans les villes autour », détaille Ilona, alors que la partie entre les Grues Luches et Les Schlitteuses reprend en s’instensifiant.  

Un nouveau nom pour de nouvelles ambitions 

Au fil des années, d’autres femmes se joignent à elle, leur permettant de mener diverses actions pour faire connaître leur sport. On citera notamment en 2015, une rando roller ou encore, en 2016, un match de gala entre Nancy et Reims. En 2018, elles iront même jusqu’à organiser l’étape Grand Est des championnats de France de la discipline. Tout est bon pour gagner en visibilité et pour créer de la cohésion d’équipe, y compris participer à des événements aux antipodes des leurs, comme cette fois, durant cette même année, où elles ont enfilé leurs patins aux 24 h du Mans. 

12 h 30. « Le score est de 234 points à 102. Les Grues luches l’emportent », annonce la commentatrice. Depuis septembre 2022, le club s’intitule ainsi et non plus les « Bloody flight », comme le démontrent les t-shirts bleu clair portés par les joueuses du club sur lesquels est brodé l’oiseau éponyme. « On est plus dans l’inclusion », détaille Alexandra Collard, alias « Chag’Ass », présidente de l’association, au sortir du match, patins aux pieds et casque vissé sur la tête. « L’idée est aussi de faire un gros clin d’œil au territoire. » 

Bien décidées à continuer sur leur lancée, les joueuses de l’association ont pas mal de projets en tête : « Organiser des matchs toute l’année », « participer à toutes les activités autour ». Et pourquoi pas s’inscrire au championnat national ? Après les avoir longuement observées, pour Ilona, pas de doutes, « elles sont prêtes ».

Dominique Lemoine 

d.lemoine@jhm.fr

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