Resplendissante au soleil : la couleuvre verte et jaune
Magnifique reptile, la couleuvre verte et jaune (Hierophis viridiflavus) est présente en Haute-Marne : elle se laisse admirer à la belle saison lorsqu’elle se chauffe au soleil sur un talus, exhibant sa robe d’écailles luisantes.
La Haute-Marne se situe à la limite nord de l’aire de répartition de la couleuvre verte et jaune qui est surtout méridionale. Adulte, ce serpent diurne mesure entre un mètre et un mètre cinquante, parfois jusqu’à un mètre soixante-dix ! Sa livrée atypique est noire tachetée de jaune avec des reflets verdâtres. Certains spécimens peuvent être totalement noirs, comme la sous-espèce italienne Carbonarius avec sa livrée mélanique. Son ventre est jaunâtre ou grisâtre. Le juvénile est gris marron, tandis que cette couleuvre présente de grands yeux aux pupilles rondes. Elle est aussi à l’aise sur terre que sur l’eau car elle nage très bien occasionnellement.
Très agile, elle parvient à grimper dans les taillis ou aux branches des arbres pour chasser ou se chauffer. Elle fréquente tous les types d’habitats secs et pierreux, dont les broussailles des friches et jardins ensauvagés. Ce reptile est solitaire, sauf lors de la période hivernale et pendant les accouplements.
Une batailleuse qui chasse les souris
La couleuvre verte et jaune hiverne dès l’automne, dans des anfractuosités ou des terriers d’animaux, souvent à plusieurs individus. Les mois de mai et juin coïncident avec les premières sorties, la mue et la période de reproduction où les mâles s’affrontent. Les femelles pondent jusqu’à quinze œufs entre la fin juin et la mi-juillet, sous des pierres ou dans le sol. Les couleuvreaux naissent en août et mesurent entre 20 et 25 cm ; ils détiennent d’instinct un comportement défensif.
Si la couleuvre verte et jaune est craintive, elle n’hésite pas à s’élancer la gueule ouverte sur son agresseur en cas de menace ; elle se gonfle, siffle, et tente de mordre. Sa morsure est inoffensive car elle n’est pas venimeuse et ses crocs sont petits. Ce reptile se nourrit en fonction de sa croissance : les juvéniles consomment des insectes et de petits lézards, tandis que les adultes chassent activement les rongeurs, les oisillons, les batraciens, ainsi que d’autres serpents. Si cette couleuvre se rapproche des habitations, c’est que les souris y sont parfois nombreuses, aussi on ne doit pas la détruire ; il suffit d’attendre qu’elle s’éloigne.

Si ce reptile s’introduit dans un logement ou une cave, il est possible d’alerter le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis 52). Les sapeurs-pompiers sont des spécialistes dévoués et bien équipés : ils se saisissent de la couleuvre sans la blesser et la réintroduisent dans son biotope.
Selon le lieutenant Frédéric Claude, responsable du centre d’intervention de Chevillon , son équipe de sapeurs-pompiers volontaires est concernée par deux ou trois missions de ce genre chaque année. D’ailleurs, menacée par l’agriculture intensive, la couleuvre verte et jaune est officiellement protégée en France depuis 2007. Son expansion vers le Nord semble favorisée par le réchauffement climatique.
De notre correspondant