Place Diderot : “Notre parti c’est Langres” contre-attaque
Le groupe d’opposition “Notre parti c’est Langres” a saisi, sur le projet de réhabilitation de la place Diderot porté par la municipalité, la nouvelle préfète et le nouvel Architecte des Bâtiments de France (ABF). Et en conteste nombre d’aspects, juridiquement et techniquement.
La saga de la place Diderot se poursuit. Le projet de réhabilitation et de réaménagement, qui doit entrer dans sa phase opérationnelle début 2024 (lire ci-dessous), est loin de faire l’unanimité. Le groupe d’opposition “Notre parti, c’est Langres” a déjà fait part de ses réserves. Après le permis d’aménager signé le 7 août dernier par le maire Anne Cardinal, l’équipe menée par Sophie Delong a décidé de passer la vitesse supérieure. Elle a envoyé deux lettres, en date du mardi 5 septembre, à la nouvelle préfète Régine Pam, et au nouvel Architecte des Bâtiments de France Jean-Pascal Lemeunier.
Dans ces deux courriers, “Notre parti c’est Langres” sollicite un rendez-vous avec chacun des destinataires afin d’aborder les points leur semblant irrémédiablement problématiques dans ce projet de réaménagement. La missive destinée à Régine Pam se place principalement sous l’angle juridique et financier : « Nous nous interrogeons également sur l’utilisation de l’argent public, avec un nouvel investissement de l’ordre d’un million d’euros pour déqualifier une place pour laquelle, il y a seulement dix ans, 2,15 millions d’euros ont été investis pour sa requalification, avec des financements de l’Etat et d’autres partenaires ».
Une zone de rencontre dénaturée sur la place Diderot
Le courrier adressé à l’ABF synthétise, pour sa part, les observations et commentaires directement effectués par le groupe de Sophie Delong quant au contenu du permis d’aménager, d’ailleurs joints aux deux lettres postées. Plusieurs points majeurs chagrinent, à cette aune, le groupe “Notre parti c’est Langres”. En premier lieu, la bande de roulement automobile, en béton désactivé, au milieu des pavés appelés à être réhabilités, est une hérésie. « La place telle qu’elle a été conçue en 2013 devait, au contraire, être un espace de rencontre, sans voie de circulation délimitée et avec une priorité aux piétons », commente le groupe d’opposition.
La place Diderot, devenue “zone de rencontre” depuis 2013, est notamment citée en exemple de ce type par le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) : « Ici, l’uniformité des matériaux sur tout l’espace et l’absence de bordures et de dénivelé permettent aux piétons de déambuler librement, tout en proposant de grands espaces libres au pied des bâtiments. La circulation des véhicules est guidée par le positionnement des mobiliers… La modération de la vitesse est induite par le manque de repères pour les automobilistes ». Aux yeux du groupe d’opposition, le projet actuel dénaturerait donc complètement le concept de “zone de rencontre” en revenant sur ces principes.
Une concertation à préciser
D’autres points sont, à titre supplémentaire, mis en exergue par Sophie Delong et ses colistiers. Qui s’étonnent notamment que le permis d’aménager invoquent la nécessité d’avoir un axe roulant pour la bonne desserte du centre hospitalier et du collège Diderot par la place Diderot : « Les références à l’hôpital et au collège, et aux déplacements qu’ils génèrent, doivent être relativisés, du fait de la disparition à court terme de ces deux établissements et de leur réinstallation à l’extérieur de la ville ». Enfin, la concertation mise en avant sur le document fait tiquer l’opposition municipale : « Nous émettons quelques doutes s’agissant de la concertation avec les habitants. En effet, aucun retour formel n’a été effectué par la municipalité ».
En conclusion, le groupe d’opposition espère être rapidement reçu par Régine Pam et par Jean-Pascal Lemeunier. Et que le conseil municipal, « qui n’a jamais rien voté sur le sujet », relève Jean-Jacques Franc, membre du groupe, soit enfin saisi du dossier.
N. C.
Un projet de réhabilitation prévu pour 2024
La réhabilitation de la place Diderot doit se tenir en deux phases, dès le début de l’année 2024, et en laissant accessibles les lieux durant la saison estivale et touristique. La première doit être effective du 15 janvier au 15 juin 2024, et portera sur la portion allant de la rue du Grand-Cloître à celle du Petit-Bie. La seconde, à compter du 15 septembre, achèvera les opérations.
rois actions doivent être menées dans le cadre de ce projet : la réparation ou le remplacement des pavés déliquescents, et victimes d’un effondrement de plus en plus prononcé en raison des malfaçons lors des travaux entrepris en 2013, le remplacement de la quinzaine de conduites de gaz par GRDF et, enfin, le réaménagement à travers la mise en place d’une bande de roulement, une nouvelle végétalisation, ainsi qu’un nouveau mobilier urbain.
Le permis d’aménager a été signé le 7 août 2023.