Pierre Chevalot, 70 ans d’histoire de l’aviation à Langres-Rolampont
Mémoire vivante de l’Aéro-club langrois, Pierre Chevalot a effectué son premier vol à Rolampont en 1952 et a été le témoin des nombreuses évolutions techniques liées à l’aviation. Portrait d’un homme qui n’a pas eu souvent les pieds sur terre.
Né en 1936 à Epinant et domicilié actuellement à Rolampont, Pierre Chevalot découvre le monde de l’aviation très tôt à l’occasion d’une fête aérienne qui se déroule sur le terrain d’aviation de Rolampont : « Je n’avais que 10 mois et j’étais bien sûr trop jeune pour garder un souvenir précis de cette fête. Cependant, j’ai entendu mes parents en parler à plusieurs reprises ». Les années passent et c’est à l’âge de 16 ans que son père, passionné d’aviation, propose à Pierre de l’accompagner à l’Aéroclub de Langres.
A cette occasion, le père et son fils rencontrent le président du club, Pierre Sommelet. Après avoir présenté les différents avions, le président propose au jeune garçon un baptême de l’air. Son père accepte. Heureux et craintif avant son premier vol, Pierre Chevalot se souvient parfaitement de ce moment inoubliable : « L’appareil utilisé était un Caudron-Luciole. A cette époque, le confort à bord était rudimentaire, il fallait s’équiper en conséquence puisque les avions n’étaient pas fermés et seul un petit pare-brise servait de coupe-vent. Nous n’avions pas de radio, ni d’interphone à bord, nous communiquions par un tube relié à notre casque ». A partir de ce jour, sa passion pour l’aviation ne le quittera plus : « Il est vrai que j’avais souvent le regard tourné vers le ciel et apportais trop peu d’intérêt à mon travail de futur agriculteur ».
Gravir les échelons
Après ce baptême de l’air, sa famille accepte au printemps 1953 qu’il prenne des cours le dimanche après-midi à Rolampont. Grâce à sa motivation, Pierre progresse rapidement et effectue son premier vol en solo en 1955. Il obtiendra ses brevets de pilote (1er et 2e degrés) en 1955 et donnera son premier baptême de l’air à son ami Pierre Mour cette même année.
En août 1956, Pierre incorpore l’armée de l’air à Nancy-Essey pendant trois mois avant d’être muté à la base aérienne de Saint-Dizier où il obtiendra son brevet de planeur B en 1957. Ayant plus de 200 heures de vol à son actif, Pierre effectue un stage au Centre national de l’aviation civile à Challes-les-Eaux où il obtiendra son brevet D puis sa qualification d’instructeur adjoint, qui lui permettra d’enseigner l’aviation sur les pistes de Rolampont et de Chaumont (La Vendue).
Changement de cap
Fin 1961, Pierre quitte la ferme de ses parents pour travailler à la concession Citroën de Langres. Il continuera malgré tout son travail d’instructeur à l’aéro-club de Langres puisque Perin Bernard, directeur de la société et président de l’aéro-club de Langres, lui accordera une à deux journées par semaine afin de lui permettre de poursuivre ses activités.
En 1965 et suite à un ralentissement des activités de l’aéro-club de Langres, Pierre se retrouve détaché à l’aéroclub de Gray-Saint-Adrien. Cette période est très éprouvante pour Pierre : « Cette double activité plus mon travail de vendeur à la concession m’ont beaucoup accaparé. De plus je devais continuer mes entraînements de vol à titre militaire et effectuer chaque année dix jours sur une base aérienne ».
Ayant atteint plus de 1 000 heures de vol, Pierre décide en 1966 de préparer une licence théorique de pilote professionnel. Il obtiendra cette licence en 1968 et ce diplôme lui permettra de voler contre rémunération.
En 1971, Pierre quitte le secteur de l’automobile et sera employé en tant que pilote, vendeur, démonstrateur et instructeur chez le constructeur d’avions français Robin, basé à Dijon. Par la suite, Pierre se perfectionnera dans l’entretien et la réparation des avions. Parallèlement à ce travail, il continuera de pratiquer ces activités pour l’aéro-club de Langres et de Chaumont et obtiendra la qualification vols de nuit et par mauvais temps en 1974.
Pierre cessera ses activités professionnelles en 1982 et effectuera son dernier vol en 2017 à l’âge de 81 ans.
Avec plus de 20 000 heures de vol à destination de l’Angleterre, de l’Allemagne, de la Finlande, de l’Italie, du Portugal ou encore de l’Espagne, Pierre Chevalot aura piloté plus de douze avions différents au cours de sa vie. Pour des raisons de santé, Pierre ne peut aujourd’hui plus piloter mais son sourire lorsqu’il parle d’aviation témoigne d’une carrière émérite et heureuse.
De notre correspondant Mickaël Thabourin