Paul Cardot, passionné de photographies animalières
Paul Cardot a 21 ans mais il sait parfaitement ce qu’il veut. Notamment pour vivre pleinement sa passion de photographe animalier. Natif de Haute-Saône, ayant la chance d’avoir grandi à la campagne, la nature et les animaux le passionnent depuis son plus jeune âge.
Paul précise : « Je ne compte plus le nombre de petites bêtes que j’ai ramenées à la maison pour les soigner, créant parfois avec elles une relation exceptionnelle. Les nombreuses sorties et promenades avec mon père notamment, toujours en possession de notre paire de jumelles m’ont permis d’en apprendre plus sur les animaux et sur la nature. Il y a maintenant trois ans, j’ai acheté une longue vue et j’ai très rapidement fait de la digiscopie (Ndlr : portable fixé sur la longue vue) mais très vite j’ai été frustré d’assister à de superbes scènes sans pouvoir en tirer de belles images. C’est alors que j’ai acheté un premier appareil puis un objectif et petit à petit cette nouvelle passion est vite devenue une obsession ».

Pour ses beaux clichés, le photographe possède un Nikon D500 couplé avec un sigma 500 mm f4 et une multitude de filets et tenues de camouflage. Un objet non négligeable également : un affût flottant, une structure lui permettant d’avancer discrètement en marchant dans l’eau.
Des moments fabuleux
Paul vit des moments fabuleux. Son plus beau moment ? «Difficile de donner un moment précis mais certains sont plus marquants que d’autres, à l’image de ce grand-duc, cette photo est l’aboutissement de trois ans de recherches (…) . Ou encore l’année dernière où j’ai eu la chance de découvrir un nid de cigognes noires en Haute-Saône et de pouvoir suivre la nichée jusqu’à l’envol et d’assister au baguage des poussins. La rencontre avec le loup lors d’un voyage en Slovénie avec une bande de copains passionnés comme moi de photographie fut également extrêmement intense. Découvrir ce prédateur dans son environnement naturel est un sentiment unique, et tellement puissant. Ou ma première rencontre beaucoup plus récente avec le lynx boréal, espèce emblématique et véritable esprit de nos forêts (…)».

Et le pire moment ? « Peut être lorsque j’apprends la disparition d’un animal que je suivais, ce qui arrive malheureusement souvent avec les cerfs notamment à la suite des combats pendant le brame ». L’attente est très variable : pour prendre cette photo de hibou grand-duc il aura fallu trois ans de recherche, de pistage et un nombre d’affûts incalculable. Mais généralement, rares sont les affûts payants qui durent moins de cinq ou six heures.

Mais où Paul puise-t-il son inspiration ? « Ce que je recherche avant tout c’est la compréhension du monde animal et des espèces. Le défi avec des espèces discrètes et farouches, comme la cigogne noire. Puis seulement dans un deuxième temps l’image parfaite… qui n’existe pas. Pour moi la photo n’est pas une finalité, ce que je préfère par-dessus tout c’est observer des scènes, des comportements, comprendre les espèces que je recherche, la photo ne vient qu’après, c’est un moyen de garder une trace du passé ». Paul partage sa passion avec son entourage. Il sourit et précise : « Depuis que j’ai commencé, ma famille est mon plus grand soutien. Je partage également mes rencontres sur mes pages Facebook et Instagram, et chaque like, commentaires et partages m’encouragent un peu plus à continuer dans cette voie (…) Cette passion me permet également de faire des rencontres humaines extrêmement riches et sincères avec d’autres passionnés de la nature ».

Après un BTSA gestion et protection de la nature, Paul a eu la chance de pouvoir travailler dans l’environnement. Il peut aller très loin en déplacements pour trouver le moment optimal, LE moment. « (…) J’ai eu la chance au cours de ces deux dernières années de réaliser deux voyages extraordinaires, le premier en Norvège et le second en Slovénie pour y rencontrer les ours (…) Mais de plus en plus j’essaie de réduire au maximum mes déplacements pour la photo car d’abord il n’y a pas besoin de faire des milliers de kilomètres pour découvrir des choses magnifiques, il nous suffit juste de pousser notre porte et de prendre le temps de regarder ce qui nous entoure, et puis dans un deuxième temps pour minimiser au maximum mon empreinte carbone, si mon activité se met à nuire à la nature alors je n’y verrai plus grand intérêt ».
Animal favori, la cigogne noire
Son animal favori est sans conteste la cigogne noire. Sa rareté, sa beauté et la difficulté à l’immortaliser sont sûrement les raisons de cette passion. En grande partie, grâce à un passionné qui suit ces oiseaux depuis plus de onze ans dans les Vosges et qui a su lui faire confiance pour lui transmettre son savoir.

Le photographe se projette et n’hésite pas à nconfier comment il voit l’avenir : « Je pense qu’aujourd’hui, notre société ne prend pas assez en considération les problèmes écologiques (…) En quelques années je vois déjà des changements, il y a encore quelques années il nous suffisait de lever les yeux pour voir des dizaines d’hirondelles alors qu’aujourd’hui il faut parfois attendre plusieurs minutes avant d’en voir une apparaître… Selon moi il est important d’avoir rapidement une remise en question collective avant qu’il ne soit trop tard… si ce n’est déjà pas le cas.. ».
Pour l’instant, ce n’est pas son métier d’être photographe animalier professionnel, mais il espère un jour arriver à vivre de cette passion…
Contact : paul.cardot14@orange.fr