Oiseaux des jardins : les gros-becs en force
La station de comptage des oiseaux située au lieu-dit Sous-la-Roche, à Chatonrupt, a déjà relevé 33 espèces depuis le début d’année. En ce mercredi d’avril, une douzaine de gros-becs casse-noyaux (Coccothraustes coccothraustes) ont investi le lieu d’inventaire.
Des comptages réguliers sont transmis à l’Observatoire des oiseaux des jardins, depuis Chatonrupt, sous couvert de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et du Muséum d’histoire naturelle à Paris. A la date du 12 avril, 33 espèces ont déjà été répertoriées depuis le 1er janvier dans le petit jardin où se déroulent les estimations, ou en ses abords immédiats. Outre des échassiers, palmipèdes et rapaces, repérés à proximité, ce lieu accueille des rondes hivernales de mésanges, des volées printanières de pinsons, verdiers et chardonnerets, comptant parfois jusqu’à une vingtaine d’individus pour chacune de ces espèces. En ce début de printemps, des migrateurs partiels plutôt rares y ont fait leur apparition : le tarin des aulnes et le bruant zizi. Le gros-bec casse-noyaux a effectué une venue timide ces derniers jours (un seul individu puis un couple), comme chaque année à la même période. Cependant, c’est carrément une douzaine d’individus de cette espèce peu fréquente qui a investi le jardin en journée de mercredi 12 avril, ce qui est exceptionnel. Si le gros-bec casse-noyaux n’est pas menacé pour le moment, et n’est pas considéré comme rare par la LPO, l’arrivée d’une de ses bandes est inédite à Chatonrupt depuis le début des relevés au 1er janvier 2020. A partir de cette date, ce sont 57 espèces qui ont été répertoriées en ce lieu, dont le serin cini, le rouge-queue à front blanc, la tourterelle des bois, l’épervier d’Europe (toute l’année), et la cigogne noire toujours présente à la belle saison.
Le gros-bec casse-noyaux est un forestier
Passereau forestier peu abondant d’une longueur de 18 cm, migrateur partiel en France, le gros-bec casse-noyaux est un granivore. Il exploite toutes les strates de la végétation, du sol à la canopée, selon la saison et la ressource disponible ; son bec très puissant lui permet de casser des noyaux de cerises. Il arrive qu’il déborde sur les jardins situés en lisière des bois ; il est alors possible de l’apercevoir et de le photographier, comme à Chatonrupt mercredi.