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Nouvelle condamnation pour le “corbeau” de Bonnecourt

Le juge Thil et ses assesseurs ont à nouveau été confrontés aux inquiétantes déviances de Paule Rezeau, petite dame brune aux pratiques pernicieuses. Coupable de menaces de mort et d’atteinte aux biens d’autrui, le “corbeau” de Bonnecourt a été condamné à une peine de six mois d’emprisonnement.

 

Condamnée par la Cour d’appel de Dijon à deux ans de détention dont six mois assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve, Paule Rezeau est sortie de prison le 8 décembre dernier. En proie à de graves troubles psychiatriques, cette mère de trois enfants devrait prochainement retrouver l’atmosphère anxiogène du quartier féminin de l’obsolète maison d’arrêt de Dijon.

Les déviances de cette quadragénaire ont défrayé la chronique ces trois dernières années. Victime d’une profonde paranoïa susceptible de mener à des conduites meurtrières, Paule Rezeau s’est métamorphosée en “corbeau” en adressant par voie postale menaces de mort et autres intimidations. La paisible commune de Bonnecourt a ainsi été plongée dans une atmosphère propre à la dramaturgie de maître Henri-Georges Clouzot.

Le dossier examiné, mardi matin, par le juge Thil et ses assesseurs renvoie à l’épidémie de lettres anonymes adressées, courant 2009, à différents habitants de la commune de Bonnecourt. Non contente d’avoir menacé une personne handicapée et plusieurs voisines, Paule Rezeau a également jeté son dévolu sur un surveillant pénitentiaire. Cinq courriers sont ainsi adressés au gardien de prison. Révélé au cours de l’audience, le contenu est édifiant : à des menaces de mort d’une extrême violence s’ajoutent l’inquiétant présage de la survenance d’un incendie au domicile de la victime.

«Je ne souhaite pas m’excuser»

Souffrant d’évidents troubles psychiatriques, Paule Rezeau a longtemps nié être l’auteur de ces lettres anonymes. Alertés par la similitude du papier et des timbres de collection utilisés dans de précédentes affaires, les enquêteurs ont pu établir avec certitude l’origine des courriers. Des prélèvements salivaires au dos des timbres ont permis d’extraire l’ADN de Paule Rezeau.

Présente à la barre, la prévenue a tenté d’expliquer l’origine de ses nauséabondes pulsions. «Ce voisin a accusé deux de mes enfants de l’avoir agressé, soulignait Paule Rezeau. Je reconnais les faits, mais je ne souhaite pas m’excuser. J’étais en colère après ce voisin, mais je n’aurais pas été plus loin.» En charge de la défense de la victime, Maître Michel entretiendra un sérieux doute quant à ces affirmations en révélant la découverte d’engins incendiaires au domicile de la prévenue.

L’audience a également mis en lumière d’évidentes failles en matière de respect des obligations imposées à Paule Rezeau. Cette dernière brave ainsi l’interdiction de se rendre à Bonnecourt comme l’a maladroitement indiqué la prévenue. D’autres informations nourrissent de vives inquiétudes. Les recommandations de l’expert mandaté dans le cadre de précédentes affaires n’ont clairement pas été suivies. Paule Rezeau a ainsi avoué ne suivre aucun traitement et n’avoir consulté aucun psychiatre depuis sa sortie de prison.

«Un véritable danger»

Défendant les intérêts du fonctionnaire pénitentiaire, Me Michel a fait état d’un certain effroi. «Mon client affiche agacement, lassitude et inquiétude, soulignait l’avocat. Il faut absolument trouver un moyen de mettre un terme à tout cela. Mon client a été victime de deux des enfants de madame Rezeau. Ils ont été condamnés pour violence et outrage et c’est au tour de leur mère de comparaître devant ce tribunal. Un signe fort doit être envoyé. Je sollicite dans ce sens 2 500 euros de dommages et intérêts.»

Représentant le ministère public, Emily Bandel s’élevait contre le non respect des obligations imposées à Paule Rezeau. «Je vais informer dans les meilleurs délais la juge d’application des peines, cette situation n’est pas acceptable. Le contenu des courriers fait froid dans le dos. Les habitants de Bonnecourt sont las de cette situation et cette personne représente un véritable danger», martelait la magistrate avant de requérir une peine de six mois ferme.

Soulignant un risque de révocation des sursis prononcées ces derniers mois, le juge Thil a suivi les réquisitions du procureur en prononçant une peine de six mois d’emprisonnement. Paule Rezeau devra également verser 1 000 euros à la victime.

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