Marie-Anne Chazel : « On prend un risque tous les soirs »
SPECTACLE. Marie-Anne Chazel partage avec Régis Laspalès l’affiche de “la Famille et le potager”, une comédie déjantée programmée ce mercredi 19 octobre aux Fuseaux. Elle revient pour le jhm sur son amour pour le théâtre et la comédie.
jhm : Vous avez fait du cinéma, de la télé, mais vous retournez toujours au théâtre, pourquoi ?
Marie-Anne Chazel : C’est vrai que je n’ai jamais arrêté le théâtre. J’ai commencé avec ça, avec le Splendid. On a commencé par le café théâtre dans de touts petits lieux, avec les gens tout près qui avaient quasiment le menton sur nos genoux. Et puis, le théâtre donne des rôles intéressants, et l’échange avec le public, c’est incomparable. On prend un risque tous les soirs en montant sur scène, on ne sait pas comment ça va se passer. C’est du spectacle vivant ! C’est un mot que j’aime bien, ça dit bien ce que ça dit ! Ce n’est pas réglé comme du papier à musique. C’est ça qui est intéressant.
jhm : La comédie a toujours eu une grande place dans votre carrière…
M.-A. C. : Oui, on me propose toujours beaucoup de comédies. Mon goût me porte vers la comédie. J’aime ça en tant que spectatrice et en tant que comédienne. “La Famille et le potager”, c’est une vraie comédie. Le ton de la pièce est déjanté. C’est drôle, grinçant, mais avec des personnages attachants. C’est une pièce qui va dans la folie : une folie joyeuse et positive. L’auteur, qui avait écrit la pièce précédente que j’avais jouée, a un univers qui me plaît beaucoup, avec un ton très libre.
jhm : Vous interprétez Marie, dans une famille très bourgeoise, on est très loin de Zézette !
M.-A. C. : Oui, c’est une grande bourgeoise, très bien habillée, bijoutée, c’est tout un univers, ils habitent aux Invalides… Tout ça est très BCBG. C’est vrai qu’on est très loin de Zézette (rires). Avec son mari, ils sont complètement déjantés. Lui est un peintre raté qui n’a rien vendu, elle une bourgeoise névrosée très portée sur la bouteille. Et malheureusement, ils ont un fils complètement abruti. Le seul héritier de cette dynastie resplendissante ! Il va faire une bêtise. Ses parents vont l’aider à s’en sortir. C’est une pièce qui parle de l’amour parental, et qui pose la question : jusqu’où peut-on aller pour ses enfants ?
jhm : La pièce repose sur votre duo avec Régis Laspalès, comment avez-vous travaillé à deux ? Vous vous connaissiez ?
M.-A. C. : On a tourné ensemble dans un téléfilm dans la collection des Maupassant pour France 2. On s’était bien entendu. J’aime beaucoup l’acteur. Quand Bob Martet nous a proposé l’idée, ça nous a beaucoup plu. J’avais très envie de jouer avec lui. En fait, j’allais le proposer comme partenaire. Il a une nature comique d’instinct, et un vrai sens du public.
Dans la pièce, il y a d’autres comédiens bien sûr, mais avec Régis, nous devons jouer a deux. Cela veut dire, jouer ensemble : on n’est pas chacun dans notre coin à faire nos numéros. On ne se marche pas dessus, on s’écoute. Il y a une vraie complicité, un vrai amusement. On se surprend encore à se faire rire sur scène !
jhm : Dans ce genre de projet, pouvez-vous intervenir sur la pièce et sa mise en scène ?
M.-A. C. : C’est un travail de collaboration avec Anne Bourgeois, la metteuse en scène de la pièce. C’est notre troisième pièce ensemble. On se connaît bien. C’est un vrai travail en commun. Comme, en plus, c’est une création, on a beaucoup cherché, on a fait des propositions. Quand on crée une pièce qui n’a jamais été jouée comme celle-là, avec une écriture originale, il faut trouver le bon niveau de jeu : est ce que c’est burlesque, est-ce que c’est une comédie douce-amère ? Vers quelle ambiance le texte se dirige-t-il ? C’est quelque chose qu’on a trouvé ensemble.
jhm : Quels sont vos projets actuellement ?
M.-A. C. : Je tourne dans le prochain film de Tarik Bouda : “3 jours max”, la suite de “30 jours max”. C’est une comédie d’action. C’est très amusant à faire. On va terminer le tournage au Mexique dans les prochaines semaines.
Propos recueillis par Frédéric Thore
« Je suis très attachée à Josette »
Josette dite Zézette dans « Le Père noël est une ordure », Gigi dans « Les Bronzés », Dame Ginette dans « Les Visiteurs », Marie-Anne Chazel a incarné des personnages qui ont marqué les spectateurs. Mais quel est celui qui est le plus cher à son coeur ? « Je pense que c’est Josette », répond Marie-Anne Chazel. « C’était la plus difficile à trouver en travaillant. C’est aussi la plus drôle et en même temps la plus touchante, je trouve. Elle a une dimension tendre comme ça. Une naïveté. Quelque chose de candide, dans un univers épouvantable. Je suis très attachée à cette Josette. Les autres personnages, je les aime aussi beaucoup. Mais c’est Josette qui m’a le plus appris et qui m’a fait le plus grandir comme comédienne. »