Marianne James, l’enchanteresse
CULTURE. Mardi 31 janvier en soirée, le théâtre affichait complet pour le spectacle “Tout est dans la voix”, qu’offrait Marianne James.
Ce soir-là, les spectateurs se sont transformés en choristes émerveillés et captifs sous la conduite bienveillante de l’ensorceleuse Marianne. Après avoir fait chanter quelques incantations magiques composées de grenouilles, gribouilles et gratouillis agrémentées d’un zeste d’aïoli et d’aligot pour délier les muscles de la langue, la chanteuse à la large tessiture et aux timbres envoûtants a prôné les vertus du chant. En illustrant ses propos d’imitations allant de la Callas à Carla Bruni en passant par Barbara, la magicienne a raconté ses déboires lors des auditions qu’elle passait dans les années 80. « Ma voix était jolie mais elle sentait la savonnette ». Dingue de l’évolution, elle a démontré comment à partir des sons gutturaux émis par nos ancêtres australopithèques, l’homme est arrivé à produire des voyelles et à donner de la voix.
Avec beaucoup d’humour et en relation permanente avec le public, Marianne James a déroulé un magnifique cours de chant pour son éphémère chorale bragarde. Guy et Olivier de courageux solistes, conseillés par la professionnelle se sont prêtés au jeu. Cyril, un jeune spectateur, en a profité pour offrir une belle démonstration de beatbox. L’alchimie de la fée Marianne a opéré jusqu’à la fin de la soirée. Les voix des femmes et des hommes se sont alors mêlés en polyphonie pour entonner un “Gloria in excelsis deo” sous le doigté magique de l’artiste. Les hormones du plaisir ravivés par les vertus du chant, les spectateurs ont salué la bonne fée de chaleureux et admiratifs applaudissements. Et si cette expérience donnait envie à quelques uns de rejoindre un chœur, le sortilège serait véritablement accompli !
De notre correspondante Pascale Rigaut