Lou-Anne Surget élue miss Élégance DT Beauty Pageant
CONCOURS. Le rêve est devenu réalité, samedi 11 février, pour Lou-Anne Surget. Lors de l’élection nationale qui s’est tenue à Jonquières dans le Vaucluse, elle a été sacrée Miss Élégance France Dom-Tom Beauty Pageant. Une victoire pour cette Bragarde, longtemps jugée comme « atypique ».
Trois jours après son couronnement, dans son bureau d’assistante achat, Lou-Anne Surget, n’en revient toujours pas. Samedi 11 février, à l’Espace Shaker de Jonquières, dans le Vaucluse, elle a été élue Miss Élégance France Dom-Tom Beauty Pageant 2023 – à ne pas confondre avec Miss Élégance ou d’autres concours similaires (lire notre encadré). « Je ne réalise toujours pas. Depuis mon élection, c’est le rush. J’ai la tête partout, entre mon travail et l’organisation de mes sorties en tant que miss. »
Au fil des semaines, j’ai appris à m’apprécier et à prendre confiance en moi.
Le chemin s’est avéré long pour en arriver là. Tout d’abord, il lui a fallu oser franchir le pas de l’inscription. « Une amie, ancienne Miss Élégance France DT Beauty Pageant Champagne-Ardenne, m’a proposé de le faire. Or, j’estimais que je ne correspondais pas aux normes actuelles. Je suis petite, tatouée. Avec ces particularités, je ne pourrais pas m’inscrire à Miss France par exemple. » Également poussée par sa mère, elle finit par s’inscrire en février 2022 au concours régional.
Lors de l’élection, le mois de juin suivant, se trouvent, face à elle, seulement deux autres candidates. « C’était difficile de se démarquer. En finale, on était deux petites blondes », s’amuse la Bragarde. « J’ai gagné, car j’ai eu la meilleure note au test de culture générale. » L’éléction régionale remportée, place au concours national. Pendant plusieurs mois, elle doit se rendre visible aux yeux du grand public et montrer son investissement au comité. Altruiste de nature, elle choisit donc de profiter de cette opportunité pour mettre en lumière des « causes et valeurs qui la touchent ». « Je le faisais surtout au niveau des réseaux sociaux. Je publiais des posts sur le body positivisme, sur la journée mondiale des sourds et malentendants ou encore sur le cancer du sein. »
Un peu moins d’un an plus tard, samedi 11 février, place à la deuxième phase du concours national. Ce soir-là, dans une salle où une centaine de personnes étaient présentes, Lou-Anne fait partie des sept miss régionales à prétendre à la couronne. Suite aux entretiens, et aux sept défilés, c’est la Bragarde qui a les faveurs du jury et du public, devant sa première dauphine Aude Revertegat. « C’est l’une des plus belles expériences que j’ai vécues de toute ma vie. C’était une soirée magique, riche en émotions », confie Lou-Anne Surget. « C’était du pur bonheur de pouvoir partager cela avec les autres candidates. Nous sommes en compétition, mais nous sommes surtout une famille. » À l’origine introvertie, la jeune femme s’est particulièrement sentie à l’aise sur scène lors des défilés. « Je suis vraiment sortie de ma zone de confort et j’ai voulu tout donner et m’amuser. C’est assez difficile de savoir si on s’en est bien sorti ou pas. Au moment des résultats, je ne m’attendais vraiment pas à entendre mon prénom. Je ne m’attendais pas à être sacrée. »
S’investir davantage dans des associations
Cette victoire se trouve symbolique pour la jeune femme. « Plus jeune, j’ai beaucoup été rejetée parce qu’on me trouvait trop atypique. On disait que j’avais un caractère très décalé. Résultat, je m’étais renfermée sur moi-même. Durant le concours régional, j’ai également appris que j’étais sourde. Ça a été compliqué pour moi, car je me sentais différente. Mais au fil des semaines, j’ai pu prendre confiance en moi et m’accepter telle que je suis. »
Dès le lendemain du concours, dimanche 12 février, Lou-Anne Surget a porté sa couronne avec une première sortie officielle dans un Ehpad à Beaumes-de-Venise (Vaucluse). Ce ne sera pas la dernière de la sorte. La jeune femme compte bien continuer d’aller vers les autres au travers du monde associatif, « quelque chose qui compte énormément pour moi ». « L’objectif est que je puisse faire tout ce que je faisais en Champagne-Ardenne partout en France. J’aimerais bien travailler avec les bleuets sur divers projets », clame Lou-Anne Surget, qui devient la deuxième Bragarde, après Justine Becker en 2020, à décrocher le titre de Miss France Élégance France DT Beauty Pageant.
Adrien Jeanson et Dominique Lemoine
Un concours de beauté qui détonne
Fondé par Bruno Solari, en 2017, le concours de Miss Élégance France Dom-Tom Beauty Pageant est assez récent dans le paysage hexagonal. Contrairement aux autres concours de beauté que sont Miss France, Miss Prestige ou encore Miss Élégance, les règles se veulent plus flexibles. « Nous n’avons pas de critères de taille, de poids et on n’interdit pas non plus les tatouages », précise Cindy Villarini, déléguée du comité Champagne-Ardenne. Avant d’ajouter : « Au-delà de l’esthétisme, les candidates sont évaluées tout au long de l’année sur leur investissement et leur personnalité. Jusqu’au soir de la finale, elles peuvent perdre des points pour mauvais comportement. » De quoi permettre à de nombreuses jeunes femmes ne correspondant pas aux critères de beauté de concours déjà existants d’avoir une chance de défiler.