Longeau : la polémique prend de la vitesse
Des riverains de la rue de Bourgogne (D 974), à Longeau-Percey, sont excédés par la vitesse excessive, en particulier des camions, en dépit du passage à 30 km/h acté depuis un an et demi. Le maire, Isabelle Miot, annonce qu’une réflexion de refonte de la traversée va être entamée par le Département.
Pourtant, ils sont censés rouler à 30 km/h… Depuis environ un an et demi, le bourg de Longeau-Percey, dans le Sud-haut-marnais, s’est voulu précurseur en actant le passage à 30 km/h, au lieu de 50, dans l’ensemble de la commune. Ce qui inclut la traversée centrale du village, sur la route de Bourgogne (D 974), où l’inclinaison naturelle n’est évidemment pas d’évoluer à si petite vitesse. Mais, aux yeux de plusieurs riverains, la limitation n’est, en réalité, guère respectée. A leur grand dam, au vu des nuisances occasionnées.

« Les 30 km/h ne sont absolument pas respectés », affirme ainsi Candide Jouard, qui réside depuis 2019 dans une maison jouxtant la départementale. « Il y a dix fois plus de camions qu’avant, et ils roulent vite, tout comme les voitures », renchérit Boudjema Bouacha, l’un de ses voisins, particulièrement agacé par la situation. La D 974 est, en effet, bien plus usitée depuis que les poids lourds ne sont plus amenés à transiter via Flagey. Au dernier comptage effectué, il passe environ 7 000 véhicules, dont près d’un millier de camions.
Des vibrations quotidiennes insupportables dues à la vitesse
En conséquence, le volume des nuisances augmente. Sonores d’abord, surtout en période nocturne. « L’été, avec les fenêtres ouvertes, le passage à fond de train des camions est vraiment gênant », indique Bernard Millot, un autre riverain. Mais l’un des principaux désagréments réside surtout dans les vibrations engendrées, ressenties par l’ensemble des riverains au sein de leur habitation. « C’est aussi le cas pour moi, alors que j’habite un peu plus haut par rapport à la route ! », note Gilbert Weber.
Connu et subi, cet environnement désagréable ne participe pas à l’attractivité du quartier. « Il y a une maison à vendre, et je sais que deux acheteurs intéressés y ont renoncé pour cette raison », affirme Anthony Alain, un autre habitant longeant la route de Bourgogne. Excédé, Boudjema Bouacha a notamment écrit au maire Isabelle Miot, mais aussi à la sous-préfecture, et demande fréquemment aux gendarmes de réaliser des contrôles.
Pour les habitants, des mesures doivent être prises, telles que la mise en place d’un radar de chantier (dans la mesure où un radar “classique” ne permet pas de prendre des vitesses en-dessous de 50 km/h). Gilbert Weber, quant à lui, suggère l’installation d’un feu tricolore virant automatiquement au rouge en cas de vitesse excessive : « J’ai déjà vu ce dispositif dans les Vosges ».
« Je ne vais quand même pas me mettre au milieu de la route ! »
Contactée, le maire, Isabelle Miot, explique ne pas avoir toutes les cartes en mains. « Nous avons déjà diminué la vitesse à 30 km/h. Là, que puis-je faire de plus ? Je ne vais quand même pas me mettre au milieu de la route ! », lance le premier magistrat, avant de reprendre, plus sérieusement : « Je suis tout à fait consciente du problème. Mais, d’une part, je ne dirige pas la gendarmerie qui effectue déjà beaucoup de contrôles. D’autre part, la route est départementale ». Une réflexion, assure le maire, va être engagée avec le Département pour « repenser toute la traversée de la commune ». Une première réunion de travail doit se tenir en janvier 2023 avec les services départementaux.
Nicolas Corté