L’histoire de la carte postale : un voyage à travers le temps à Joinville
Une conférence sur la carte poste a été organisée, le 1er mars, par l’association APNCV (Amicale philatélique numismatique et cartophilie du Vallage), association joinvilloise. Elle était animée par Christophe Beurton.
Au XIXe siècle, en Allemagne, l’histoire de la carte postale commence à prendre forme. Lors de la cinquième conférence de l’Association allemande des postes à Karlsruhe en 1865, Heinrich Von Stephan propose un nouveau support de communication : un feuillet cartonné de correspondance devant circuler à découvert (c’est-à-dire sans enveloppe). Malheureusement, cette idée n’est pas retenue à ce moment-là. L’histoire de la carte postale prend un nouveau tournant le 28 janvier 1869, lorsque Emmanuel Hermann, professeur d’économie politique à Vienne, reprend l’idée et utilise pour la première fois le terme “carte de correspondance”, mettant en avant sa praticité et son économie. Cette fois, l’idée est retenue et le 1er octobre 1869, en Autriche et en Hongrie, la première carte postale entre en circulation sous la forme d’un entier postal avec un timbre imprimé. La carte postale se répand rapidement dans d’autres pays, dont l’Allemagne, l’Angleterre, la Suisse et le Luxembourg en 1870, suivis par la France.
Son arrivée en France
En France, c’est Léon Besnardeau qui fait entrer la carte postale dans l’histoire. Papetier-libraire à Sillé-le-Guillaume (Sarthe), il crée la première carte postale en décembre 1870, dans le but de faciliter la correspondance des 60 000 soldats bretons du camp militaire de Conlie. Cette innovation marque le début de l’utilisation des cartes postales en France pendant la guerre franco-allemande. D’autres initiatives suivent, telles que l’utilisation de cartes postales lors du siège de Strasbourg et de Paris, permettant aux populations civiles et aux blessés de communiquer.
Cartes postales françaises et événements historiques
La guerre de 1870 et la commune de Paris bouleversent le système postal français, mais la nécessité de communiquer reste cruciale pour les familles dispersées. Malgré l’occupation et l’annexion de certaines régions, l’administration postale française répond aux besoins avec imagination, utilisant divers moyens de communication, y compris les ballons montés (montgolfières) ou non, les pigeons sur micro-photographies, boule de moulins (boule en étain soudée jetée dans l’eau), chiens de berger, buches flottantes etc.
Naissance de la carte postale officielle en France
Le projet de carte postale officielle en France prend forme après cette période agitée. En 1871, le gouvernement français, cherchant des moyens de financement, envisage une augmentation des taxes postales. Cependant, une proposition de Ludwik Wolowski, un député français, aboutit finalement à l’adoption d’un amendement visant à créer des cartes postales de correspondance, inspirées des modèles anglais et allemands.
Le 20 décembre 1872, la loi de finances adopte cet amendement, fixant le prix des cartes postales à 10 et 15 centimes. Malgré des débuts hésitants, la popularité des cartes postales ne cesse de croître, avec une production qui atteint des millions d’exemplaires chaque année.
Le nombre de cartes postales éditées : en 1873, 16 451 423 ; en 1878, 29 567 189 ; en 1884, 32 519 745. Dans le même temps, les facteurs en 1885, pour effectuer leurs 23 197 tournées quotidiennes, parcouraient chaque jour 630 371 km à pied. Ces quelques chiffres pour montrer l’ampleur de la production de cartes postales ainsi que des efforts logistiques nécessaires pour les distribuer à travers le pays.
Evolution et impact
Au fil des années, les cartes postales connaissent diverses évolutions, avec l’apparition de cartes publicitaires et d’autres innovations. Cependant, l’affaire Clovis Hughes marque un tournant dans l’histoire de celle-ci, entraînant l’arrêt de sa fabrication par la poste française en 1878. Cette affaire a eu un impact significatif sur la carte, en raison de son implication dans un scandale de calomnie qui a terni la réputation de ce moyen de communication. Clovis Hughes avait ainsi reçu une quantité considérable de cartes anonymes contenant des accusations diffamatoires et des informations préjudiciables à sa réputation et à celle de son entourage, ceci durant plusieurs années. La carte postale a joué un rôle précurseur dans la propagation de diffamations comparables à celles observées sur les réseaux sociaux contemporains. Suite à cet évènement majeur, la production de cartes devient privée mais toujours régie par des obligations imposées apposées au verso.
Malgré cela, elle reste un moyen populaire de communication et de souvenir, avec des éditions célèbres telles que la “Carte Libonis” de 1889 et la “Carte Piazza” de 1891. Au début du XXe siècle, les cartes continuent à évoluer, avec l’introduction de cartes photos et d’éditions spéciales, marquant ainsi leur place dans l’histoire de la communication visuelle mais aussi dans la collection.
Dès le début, la carte postale est devenue un objet de collection populaire en raison de son format pratique et de ses images attrayantes. Sa petite taille la rend facile à manipuler et à échanger, tandis que les illustrations variées offrent un intérêt visuel. La rareté de certaines cartes postales, due à leur caractère éphémère, les rend particulièrement attrayantes pour les collectionneurs d’hier et d’aujourd’hui. Cependant, il est à noter que les jeunes collectionneurs se font de plus en plus rares. Les bourses et les échanges qui sont régulièrement organisés contribuent à maintenir l’intérêt pour ces objets au fil du temps. Certaines cartes rares peuvent atteindre des prix élevés. Ces objets représentent un patrimoine historique précieux, témoignant des époques passées et des évènements marquants, du quotidien de la vie d’antan. La carte postale demeure un moyen de communication apprécié, particulièrement lors des vacances et des voyages lointains, même à l’heure actuelle.