Les molènes contribuent à la biodiversité
Nature. Les molènes sont des plantes bisannuelles ou vivaces, souvent de grande taille et aux longs épis de fleurs généralement jaunes. De la famille des Scrofulariacées et du genre Verbascum, elles sont trop souvent considérées comme des “mauvaises herbes” et souffrent d’un fauchage excessif sur nos talus.
Le nombre d’espèces courantes de molènes dépasse la centaine ; la Haute-Marne en détient plusieurs dont la plus connue est le bouillon-blanc (Verbascum thapsus) et ses proches cousines pubescentes (recouvertes de duvet). Celles-ci, médicinales, sont utilisées depuis l’Antiquité pour leurs vertus thérapeutiques. En phytothérapie, elles sont conseillées pour combattre la toux, la bronchite et l’extinction de voix. Leurs fleurs à cinq pétales permettent des infusions pectorales. Autrefois, les feuilles duveteuses de ces plantes cicatrisaient les blessures et étaient fumées pour soigner l’asthme. Les molènes sont mellifères et attirent de nombreux insectes avec leur parfum de miel. Leurs feuilles forment une rosette à leur base, puis alternent le long des tiges qui atteignent jusqu’à deux mètres de hauteur. Les molènes, qui apprécient les terrains secs et les talus ensoleillés, fleurissent de juin à septembre, ceci de la plaine jusqu’en montagne. Si certaines espèces ne disposent que d’une hampe florale simple, d’autres, comme la molène de chaix (Verbascum chaixii), présentent des inflorescences multiples regroupées en chandeliers. Elles se complaisent sur les friches rocailleuses, décombres, remblais, sols sablonneux et bords de chemin. Leurs fruits à capsules produisent de très nombreuses petites graines qui sont appréciées, à la mauvaise saison, par les passereaux granivores. Si les molènes se dessèchent à l’automne, elles renaissent au printemps en produisant des rejetons. Les conserver au jardin, lorsqu’elles s’y installent, offre un intérêt esthétique, tandis qu’elles profitent aux abeilles et aux oiseaux.
De notre correspondant