Les Contes de sables ou la couleur des souvenirs
Mardi 6 décembre, à la MJC, la compagnie Changer l’air de Morley (Meuse) a offert aux bambins de 3 à 6 ans un spectacle tout en poésie. Léna Chkondali, comédienne, a écrit les “Contes de sables” et les a joués sur scène accompagnée de Sébastien Ménard, instrumentiste et bruiteur.
Dans une salle obscure tout juste éclairée par des bougies, les jeunes spectateurs ont découvert “mamie Sirikiki”, la mamie la plus petite du monde qui voyage entre les plumes d’un oiseau migrateur. Elle a volé sur tous les continents, rapportant de ses pérégrinations des sables de couleur. Elle les a enfermés dans un ballot de toile où ils se sont endormis tels des souvenirs.
Avec la complicité des enfants, Léna a réveillé l’un d’entre eux et l’Afrique a surgi au son des percussions. En une gestuelle évocatrice, la jeune comédienne a su traduire le sentiment de désespoir du jeune M’Kembé devant la sécheresse qui touche son village, son énergie à résoudre l’énigme donnant accès à l’arc magique, sa joie lorsque ses flèches percent les nuages et déclenchent la pluie salvatrice.
Les petits ont été emportés par le rythme de l’histoire et ils ont chanté, tapé des mains, ri des mimiques extravagantes de la conteuse. Ils ont reçu chacun une pierre qui, serrée bien fort dans les mains, les yeux fermés, révèle des pouvoirs magiques qui peignent de jaune, de rose, de vert ou de rouge les souvenirs. A la question « quelle est la couleur du voyage en Afrique de mamie Sirikiki ? », la réponse a été presque unanime, « bleue », et du sable azur a coulé entre les doigts de Léna sous les regards ébahis. Parce que chaque souvenir a sa couleur. Déjà autrice d’un conte en livre CD “Le sacre de l’or bleu”, Léna Chkondali a entrepris la rédaction d’un roman basé sur l’histoire de sa maison à Morley et de celui qui l’a construite en 1817. La bâtisse a ceci de particulier qu’elle a abrité le premier centre de soins orthopédiques français. On y accueillait les demoiselles souffrant de diverses difformités et qu’on ne pouvait pas marier. Alliant les moyens mécaniques et les bienfaits de l’eau puisée dans la Saulx, le scientifique a obtenu des résultats qui en ont fait le précurseur de l’orthopédie, malgré qu’on l’eût traité de fou. Une histoire à découvrir dans quelques mois.