L’église Saint-Denis a son histoire
La construction de l’église Saint-Denis ne remonte pas au-delà du XVe siècle. Pourtant, son histoire a été émaillée de travaux afin d’en assurer la pérennité.
Lors d’une délibération du conseil municipal en février 1821 des travaux sont envisagés sur la porte d’entrée, une arcade entre la nef et la tour, la porte de la sacristie, un vitrail.
Il fallait installer un avant-toit à la porte latérale, procéder à la réfection totale du maître-autel et de l’autel de la Vierge et le plus important, la charpente et la couverture étaient à remplacer totalement. C’est l’entrepreneur Claude Maréchal Cothenet, de Langres, qui est devenu adjudicataire de ces travaux le 3 juin 1822. Les travaux ont été achevés le 29 septembre 1824.
En août 1845, le conseil municipal demande au préfet l’autorisation de reconstruire entièrement l’église qui menaçait ruine. Le 9 janvier 1848, le maire est autorisé à solliciter l’architecte Péchiné, de Langres. L’église est d’ailleurs trop étroite pour contenir la population présente à cette époque (848 habitants en 1831). C’est pourquoi la commune a décidé en 1846 de rebâtir l’ensemble de l’édifice à l’exception de la tour conservée et restaurée. Les plans, faisant suite à un devis du 1er décembre 1847, sont fournis le 20 mai 1849.
Pierres d’ici
L’entrepreneur a dû soigner la démolition des voûtes afin de réemployer et conserver les nervures et surtout les clefs de voûtes. Les moellons employés ont été pris dans la démolition et dans les meilleures carrières du pays pour les façades à l’ouest et au sud, et pour les socles.
Pour les façades à l’est et au nord, on a pu prendre des moellons à Bugnières, pourvu qu’ils soient non gélifs et placés au-dessus du socle. La carrière de Villiers a pu fournir la maçonnerie intérieure. Les carrières du pays indiquées sont celles dites sous les Bochots. La pierre (de taille) est prise dans la démolition ou dans les carrières de Crenay ou de Bugnières pour l’extérieur et dans celle de Villiers pour la pierre de taille employée à l’intérieur. Pour les socles des contreforts, de la pierre de Roche a été employée.
Le dallage du sanctuaire a été fait en carreaux hexagonaux provenant de Châtillon-sur-Seine ou de Tonnerre. Le 20 mars 1849, il a été décidé que le chœur, la chapelle et la sacristie seraient seuls démolis car le devis présenté ne permettait pas à la commune de réaliser tous les travaux. L’achèvement de la nef était remis à plus tard. Le montant du devis était alors de 13 000 francs.
Le 9 avril 1849, les travaux devenant urgents, le conseil a demandé sa reconstruction partielle. Un premier devis prévoyait une nef de trois travées, un transept non saillant et un chœur à cinq pans. Un second devis du 20 mai 1849 du même architecte conservait la nef ancienne mais proposait un transept saillant avec chapelles orientées et un chœur ceinturé par un déambulatoire. C’est ce devis qui a été exécuté. La réception des travaux a eu lieu en février 1851. Cette construction a été faite dans le style du XVe siècle. Le devis était chiffré à 24 400 francs.
Une deuxième phase de reconstruction (1852-1854) a été menée ensuite. La nef enfoncée de 1 m dans le sol était malsaine, basse et étroite. Ce qui restait d’ailleurs du vieil édifice périclitait, et menaçait de tomber. De nouveaux plans ont été dressés pour reconstruire la nef, toujours par Péchiné : le vaisseau central reprenait les dimensions de l’ancien mais les bas-côtés voyaient leur largeur doublée. L’architecte prévoyait de modifier les baies du clocher pour l’harmoniser avec le style néo-gothique du nouvel édifice. Ce ne fut réalisé qu’en partie.
Edifice à plan en croix latine
Nef à trois vaisseaux de trois travées, transept saillant avec chapelles orientées, chœur entouré d’un déambulatoire… Il y a peu d’églises en France dont le chœur est entouré d’un déambulatoire, c’est-à-dire que l’on peut en faire le tour. L’ensemble est voûté d’ogives.
La base de la toiture du chœur, à croupe polygonale, est masquée par une balustrade ponctuée de pinacles, dispositif identique dans les bas-côtés, mais où la balustrade feinte est en fait intégrée aux combles.
Le clocher surmontant la tour-porche est couvert en ardoise, le reste de l’édifice est en tuiles mécaniques. Tour-porche, piliers, contreforts et encadrements de baies sont en pierre de taille et le reste de l’édifice est en moellon. L’église n’a cessé de bénéficier de réparations. En 1910, le clocher a été réparé, le coq remplacé. La couverture a été refaite dans les année 1980, et le clocher a été refait intégralement en juillet 2014 avec le remplacement du coq.