Le sénateur Alain Joyandet dans les Hauts du Val-de-Saône
Dans le cadre de sa tournée des communautés de communes de la Haute-Saône, Alain Joyandet a fait étape vendredi 21 octobre dans celle des Hauts du Val-de-Saône. Il a rencontré durant la journée une dizaine de maires dans leur commune pour discuter avec eux de dossiers précis. Le soir, il a échangé avec une vingtaine d’élus réunis pour l’occasion au siège de la communauté de communes à Jussey. Plusieurs sujets liés essentiellement à la ruralité ont été abordés. Le premier portait sur les règles d’urbanisme applicables dans les villages, qui empêchent bien souvent toute nouvelle construction, sans parler du “zéro artificialisation nette”, qui sera leur mort car les villages ne pourront plus du tout se développer. Un autre point en matière d’urbanisme a été soulevé et qui complique la vie des haut-saônois qui veulent construire ou réaliser des travaux chez eux, celui des prescriptions imposées par l’architecte des bâtiments de France. De nombreuses communes rencontrent pour leurs administrés de réels blocages en raison de la rigueur des prescriptions architecturales qui leur sont imposées, pas toujours de façon pertinente d’ailleurs, mais qui ont un impact financier et parfois énergétique (refus des isolations extérieurs, de la pose de panneaux solaires, du remplacement de vieilles menuiseries en bois…).
La question récurrente de l’obligation pour les communes ou les syndicats de transférer en 2026 les compétences eau et assainissement n’a pas été éludée. Le sénateur de la Haute-Saône a rappelé devant les élus présents qu’il défendrait toujours sur ce sujet comme pour d’autres « la liberté et la souveraineté des communes, afin qu’on les laisse gérer leurs affaires », d’autant qu’il est convaincu qu’en cas de transfert en zone rurale les coûts vont exploser et qu’il y aura une déshumanisation des services publics, dépourvus de toute proximité. Sur ces questions, la position d’Alain Joyandet est simple : « Il faut laisser les élus choisir les compétences qu’ils veulent mettre en commun dans chaque territoire ». Il n’appartient pas, selon lui, à des élus et ou des administrateurs qui ne savent pas ce qu’est la gestion d’une collectivité locale, a fortiori d’une commune, de les imposer depuis Paris. « La décentralisation consiste à faire confiance aux territoires. On en est très loin aujourd’hui et on s’en éloigne chaque jour un peu plus. Si l’État ne fait pas confiance aux élus locaux pour administrer la France des territoires, qu’il l’assume et arrête de faire de la fausse décentralisation ».
Pour terminer, le rattachement des communes du secteur de Jussey à la trésorerie de Luxeuil-les-Bains ne passe toujours pas pour les élus présents à la réunion. Tous disent que géographiquement cela n’a absolument aucun sens et surtout ils sont unanimesà constater que cela ne fonctionne pas. Un exemple rapporté durant les échanges : il faut parfois plusieurs mois à la Trésorerie pour payer une facture. Entre-temps, les lettres de relance des entreprises pleuvent, quand les huissiers ne se déplacent pas. De façon plus générale, durant ses journées de terrain à la rencontre des élus ou des forces vives de la Haute-Saône (entreprises, associations…), Alain Joyandet entend toujours la même chose : la France est administrativement trop lourde ou complexe, et chaque jour qui passe aggrave la situation. Pour lui, il est plus que jamais devenu indispensable de « redonner du souffle, de la liberté et des marges de manœuvre à tous ceux qui entreprennent dans notre pays, qu’ils soient dans le secteur privé ou public ». Le chantier est immense.