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Le rafale Nadal

On le disait contrarié par des douleurs dorsales et par une saison sur terre moins prolifique. Rafael Nadal a rappelé qu’il était le patron, hier, en écrasant Andy Murray en moins de deux heures. Il rejoint Djokovic en finale de Roland-Garros, même si le Serbe est apparu moins serein contre Gulbis.

Une machine de guerre. Une mitraillette à la cadence infernale. Hier, Rafael Nadal a dégainé contre Andy Murray, en demi-finale de Roland-Garros. On aurait dit un tour de chauffe (6-3, 6-2, 6-1). Le Britannique, surclassé, baladé aux quatre coins du court et écœuré d’être torpillé par d’incessants missiles, mettra sans doute du temps à s’en remettre. « C’est le match le plus difficile que j’ai eu à jouer contre lui. Je dois en tirer des leçons », a-t-il reconnu, pestant contre ses mauvais choix et son incapacité à s’adapter aux conditions de jeu.

En l’espace d’une heure quarante de jeu, l’ouragan Nadal avait déferlé sur le Court central et fichu par terre tous les espoirs de Murray, N°8 mondial, mais réduit au même rôle de punching-ball que Thiem ou Lajovic, plus tôt dans la quinzaine.

Il fallait être deux pour servir une belle demi-finale. Or l’Espagnol ne concéda que six petits jeux, marqua 91 % de ses points sur ses premiers services, tout en ne concédant pas la moindre balle de break au Britannique. Des miettes à picorer, témoins de sa puissance de frappe, alors qu’on le présentait en délicatesse avec son dos. « Rafa a élevé son niveau de jeu depuis le début du tournoi, a rétorqué Novak Djokovic, visiblement pas surpris. C’est Nadal ! Roland-Garros, il l’a toujours joué à son meilleur niveau vers la fin du tournoi. »

“Djoko” perd ses nerfs

N’empêche, la promenade de l’Ibérique a marqué les esprits avant la finale. Le Serbe, arrivé porte d’Auteuil avec l’étiquette de favori placardée dans le dos, n’a pas eu la tâche aussi aisée qu’attendu face à Ernests Gulbis, en début d’après-midi. Après avoir mené deux manches à rien, le serein “Djoko” s’est crispé. Déréglé aussi, face à un Letton culotté et qui tenta le tout pour le tout dans la troisième manche, alors qu’il n’avait plus rien à perdre (6-3, 6-3).

La stratégie était payante. Quelques passings revers de folie plus tard, “Djoko” sentait le vent tourner. Symbole d’une inhabituelle fébrilité mentale, il fracassait sa raquette au moment d’abandonner la troisième manche à son adversaire (6-3). Au prix d’un quatrième set où il serrait davantage le jeu et poussait Gulbis à une prise de risques maximale, Djokovic remettait les pendules à l’heure (6-3) et s’évitait un crispant cinquième set.

« A mi-parcours, a-t-il expliqué, j’ai commencé à me sentir un peu fatigué physiquement. Le plus important pour moi, c’est que j’ai pris conscience de ce qui se passait. Je vais mettre à profit mes deux jours de repos, sans trop dépenser d’énergie sur le court, pour me préparer au mieux pour cette finale. »

Et accorder beaucoup d’attention à sa fesse, qui a semblé le faire souffrir en cours de match, même s’il s’en est défendu. « Il reste le favori. Peu importe son niveau de jeu, peu importe qu’il ait perdu un set, il sera à fond. Une finale, c’est une finale. » Parole de Gulbis.

De notre envoyée spéciale à Roland-Garros : Delphine Catalifaud

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