Commentaires (0)
Vous devez être connecté à votre compte jhm pour pouvoir commenter cet article.

La ligne blanche – L’édito de Christophe Bonnefoy

La Justice devrait avoir le rôle le plus noble : celui de rééquilibrer en permanence – dans le bon sens ! – cette balance qui la symbolise. Mais le plus souvent, on lui donne le mauvais. Avec la nuance qu’elle est forcément partiale lorsqu’elle vous vise, mais évidemment utile lorsqu’elle met en cause l’adversaire, politique en particulier.
Tout est politique dans la bouche de Jean-Luc Mélenchon. L’attitude des médias ? Politique, bien sûr, à la solde de tout ce qui n’est pas Insoumis, principalement du pouvoir en place. Les enquêtes en cours ? Politiques, naturellement, puisqu’elles viseraient en toute logique à lui faire mettre un genou, voire les deux, à terre. C’est donc sans sourciller un seul instant qu’il voit dans les interrogations des juges ce qu’il appelle un « procès politique ».
Celui qui s’est ouvert hier ne vise pas les affaires qui pourraient embarrasser son parti, mais uniquement son attitude lors de la perquisition des policiers au siège de La France insoumise. Une attitude qui a vite mêlé colère non feinte et jeu d’acteur forcé, poussé trop loin face aux représentants de l’ordre. Au point de se retrouver, pendant deux jours, dans une salle d’audience, avec cinq de ses proches, dont Alexis Corbière.
A court terme, Jean-Luc Mélenchon encourt notamment une peine d’inégibilité pour ses « actes d’intimidation envers un magistrat et un dépositaire de l’autorité publique, rébellion et provocation ». Il a sans doute, aussi, beaucoup à perdre en terme de crédibilité. A trop en faire, on risque, d’une part de franchir des lignes blanches, d’autre part de n’être plus écouté, y compris dans son propre camp. Dangereux judiciairement, dangereux électoralement.

Sur le même sujet...

édito
Secousses sociales – L’édito de Patrice Chabanet
Edito

Les tumultes qui secouent la scène internationale ne parviennent plus à couvrir les craquements de notre économie. Casino et Duralex, pour citer des noms emblématiques, luttent pour leur survie à(...)

édito
L’air étonné – L’édito de Christophe Bonnefoy
Edito

Il fut un temps où La France insoumise avait un potentiel pouvoir de séduction. Une époque où le côté Robin des Bois pouvait agir comme un aimant auprès des électeurs,(...)

édito
America is back – L’édito de Patrice Chabanet
Edito

Joe Biden veut aller vite. Trop de temps perdu dans les guérillas de politique intérieure. Des semaines et des semaines à faire attendre les Ukrainiens. Dans une démarche de compensation,(...)