La Chorale des lutins emmène Langres jusqu’au réveillon de Noël
Des lutins qui chantent, qui sautillent, qui glissent ici, avant qu’on les retrouve là, toujours à la queue-leu-leu, qui s’époumonent pour souhaiter un joyeux Noël aux passants. La chorale de ces farfadets bienveillants a pris la cité perchée par la main samedi 24 décembre pour la conduire au réveillon. Merci.
Il y a du lapin dans le lutin. La cité des remparts a pu le vérifier samedi 24 décembre : les piles de ces démons ont tenu le coup plus de trois heures durant. Il y a du lapin dans le lutin. Si, en tuant un chasseur, le rongeur renverse un jour l’ordre établi, les farfadets, en piétinant la banalité du quotidien, ont remis la tête des Langrois à l’endroit : merci de vous souvenir que vous glissez vers la soirée de Noël. Top départ place Diderot, après que leur Chorale a bousculé les chants traditionnels, en les vidant de la solennité qui les empèse, en redimensionnant leur pompe, le cérémonial, les lutins le préféraient sans trop de gras.
Et les lutins se sont mis en chemin, zigzagant rue Diderot, une fois sur le trottoir de droite, une fois sur le trottoir de gauche, attention on traverse. « Joyeux Noël Monsieur Casquette ! », « Joyeux Noël Madame à sa fenêtre ! », « Joyeux Noël Monsieur le commerçant ». Rebaptisés qui par son couvre-chef, qui par sa curiosité, qui, par son enseigne, les Langrois se sont réveillés, bon sang mais c’est bien sûr, Noël, c’est dans quelques heures, merci les lutins, mais oui que cette journée est à part.

Leur cortège a progressé vers le square Olivier Lahalle au rythme d’un tortillard qui trouve toujours une gare pour s’arrêter, histoire de se remettre à chanter.

Et, poinçonnant soudain leurs billets retour, les farfadets se sont remis en chemin en sens inverse, en chamboulant leur trajectoire, et hop, ils ont fait un crochet par la patinoire. Cette fois, ils embarquaient beaucoup de familles dans leur sillage.

Les lutins sont arrivés rue Jean Roussat pile à la tombée du jour, la ville s’était recalée sur le bon fuseau, on a senti approcher la soirée de Noël exactement quand ils ont rejoint la place Ziegler.
Le compte à rebours s’est enclenché pour le final de la chorale, au pied de la statue de Denis Diderot, on voyait bigrement mieux le réveillon pointer à l’horizon.
Fabienne Ausserre
f.ausserre@jhm.fr