La bibliothèque de Jean d’Amboise
Dans le cadre des Conférences du mardi, le 10 janvier salle Niederberger, une trentaine de personnes ont écouté François Foulonneau évoquer l’évêque de Langres et sa bibliothèque, à la fin XVe siècle. François Foulonneau, 29 ans, enseignant à La Sorbonne, est venu spécialement de Paris pour cette conférence. Le sujet est un chapitre de sa thèse de doctorat sur le rattachement de la Bourgogne au Royaume de France (1477-1530).
La conférence débute par la biographie de Jean d’Amboise (1433-1498). Il est le deuxième des 17 enfants de Pierre d’Amboise, gouverneur de Touraine et d’Anne de Breuil. La famille est puissante, son frère aîné, Charles, est seigneur de Chaumont. Après des études de droit, Jean dAmboise devient ecclésiastique, abbé, prieur, puis évêque de Maillezais en 1775. Remarqué par Louis XI, il est nommé Lieutenant général des duché et comté de Bourgogne, et est aussi chargé de missions diplomatiques, en Castille, à la cour de Rome. Jean d’Amboise réside alors au château de Mussy sur Seine où il a installé sa riche bibliothèque. Louis XI le nomme évêque de Langres en 1481. Il partage son temps entre Langres, Dijon et Mussy. En 1497, malade, il cède sa charge à son neveu (homonyme) et sa bibliothèque.
A l’occasion du testament, des notaires en font l’inventaire, le 25 juillet 1499 et le 20 janvier 1500. 74 % des ouvrages sont d’ordre religieux, parmi les autres, des textes de Rome antique, de Pline l’Ancien, de Cicéron… Les inventaires énumèrent le mobilier, les titres des ouvrages, l’aspect de la couverture, la technique imprimé (incunable) ou manuscrit, sur papier ou parchemin. L’imprimerie est une invention récente (1454). Dans un cas comme dans l’autre, on n’imagine les riches enluminures. On n’imagine, car la bibliothèque a disparu dans un incendie causé par la foudre tombée sur la cathédrale de Langres en 1662. François Foulonneau a donc illustré son exposé par d’autres ouvrages d’époque, conservés par la bibliothèque de Chaumont, qui d’ailleurs en expose jusqu’au 22 janvier.
De notre correspondant Benoit Gruhier