Jean-Claude Plâ : «C’est tout sauf de la rigolade»
Loin, très loin de la balade d’agrément, cette édition du Dakar se révèle très dure. Jean-Claude et Cyril Plâ ont enchaîné les mésaventures les reléguant loin dans le classement des SSV. Leur objectif est d’aller jusqu’au bout et d’être à l’arrivée dimanche 15 janvier.
«Nous avons vécu six étapes à emmerdes. Il n’y a que les deux dernières où c’était mieux. Quand j’entends dire que le Dakar c’est une promenade, je les encourage à y participer. L’organisation avait prévenu que ce serait plus difficile, c’est le cas. C’est tout sauf de la rigolade», commente Jean-Claude Plâ. Nous avons pu le joindre avec son fils Cyril lors de la journée de repos, lundi 9 janvier. Car depuis le départ, l’équipage 429 composé de Jean-Claude et de Cyril Plâ a enchaîné les mésaventures, celles qui font qu’un Dakar reste une épreuve exigeante.

Chaque soir ou matin, Jean-Claude Plâ livre un récit sur l’étape passée et franchement, ils auront accumulé bien des souvenirs pour plus tard. Ce Dakar est déjà très particulier concernant la météo. Il fait froid et il pleut souvent et parfois abondamment. Obligeant d’ailleurs l’organisation à revoir deux journées de course. L’étape 3 du 3 janvier restera certainement comme la pire. La pluie s’invite. La pompe de lave-glace tombe en panne.
L’équipage slalom entre les flaques d’eau. Mais dans « un passage inondé, je fais le mauvais choix et on reste planté. Impossible de s’en sortir. On sort la sangle et on guette le passage d’un autre concurrent. Les deux premiers refusent de s’arrêter. Le troisième est un camion et il nous sortira en moins de 2 minutes de ce mauvais pas. On repart, les conditions sont toujours compliquées et la visibilité est nulle. C’est avec soulagement que l’on apprend au CP3 du 364 km que la spéciale s’arrête là», relate Jean-Claude Plâ dans un compte-rendu dantesque.
Jean-Claude Plâ ne désarme pas
Outre les conditions météo, l’équipage doit faire face à la jeunesse de leur nouvelle machine. Le Polaris est certes très performant, plus performant que celui de l’an passé. Mais le déverminage se fait pendant le Dakar. Les problèmes de crevaison s’accumulent, d’une manière anormale. A un point où lors d’une étape, les deux roues de secours avaient été utilisées et cela n’a pas suffi…
Et quand ce ne sont pas des crevaisons, ce sont des déjantages. «On avait un problème d’étanchéité entre le bord de la jante et le pneu. On avait des micro-fuites. Les roues sont nettoyées tous les soirs et on met un peu plus de pression dans les pneus mais c’est plus difficile pour passer les dunes», explique Jean-Claude Plâ Sans parler des courroies de transmission qui chauffent et lâchent.
Et sur la nouvelle machine, elles sont plus difficiles à atteindre. La quatrième étape leur sera d’ailleurs fatale puisque l’accumulation de souci va les amener à pointer avec 6 minutes de retard pour la dernière spéciale. Ils sont hors délais et donc ils ne seront pas classés “finisher” de ce Dakar car ils n’auront pas couru toutes les spéciales.
Toutes ces péripéties n’entament pas pour autant le moral de l’équipage qui salue encore une fois le travail exceptionnel de son mécano, Laurent Moreira de la team XTremPlus. «Je m’attendais à du plus dur au niveau navigation. On a beaucoup de traces qui nous ouvrent la route.Les road Books sont bien faits si on suit bien les indications», explique Cyril.
L’équipage a réduit la cadence, préservant le moteur. «On ne peut plus jouer le classement, on va rouler soft pour être à l’arrivée», annonce Jean-Claude Plâ qui vit «une belle aventure humaine» avec son fils Cyril.
Ph. L.