Jean Chauvelot croque les Bragards sur 70 pages avec mordant
Pendant près d’un mois, le dessinateur Jean Chauvelot a rencontré les Bragards, les a observés, a échangé avec eux, avant de les raconter en bande dessinée dans ses “Chroniques bragardes”. Le fruit de cette résidence à la médiathèque était présenté vendredi 5 mai.
« Je suis un anarchiste, vous un bourgeois de droite, ce serait trop facile de nous bouffer la gueule, alors entendons nous, ça serait marrant. » Voilà comment le dessinateur de BD Jean Chauvelot a conclu l’affaire avec Quentin Brière. C’était en avril 2022, la concrétisation d’une idée folle et le début d’une autre qui l’est encore plus.
« C’est Ilona Pietrzok (directrice des affaires culturelles de l’Agglo, Ndlr) qui, la première, a fait une bêtise », explique le maire. « Elle m’a demandé si on pouvait faire faire une BD sur la ville à Jean. Après avoir lu une de ses œuvres et pleuré de rire en pleine rue, j’ai accepté de faire la bêtise. » Le résultat de cette bêtise, c’est près d’un mois de résidence à la médiathèque, du 10 avril au 5 mai. Et 70 pages de dessin, de portraits de Bragards, connus ou anonymes.
Jean Chauvelot, toujours bienveillant
On y assiste au conseil municipal envahi par les irréductibles Bragards, on fait un tour à la Foire de Pâques, on va au Petit Paris, on se balade dans la ville, on rencontre le président de la LPO et quelques élus, tous croqués avec humour et sincérité. « Je me sais très bienveillant. Je n’ai aucun intérêt à venir chier sur les murs !… Je dis ça parce qu’il y a des enfants et que les gros mots, c’est amusant. »
A l’heure des remerciements, vendredi 5 mai, Jean Chauvelot a tenu à saluer la médiathèque, la mairie, et « tous les Bragards qui payent des impôts qui permettent de payer des gens comme moi ».
« A vous de compléter »
Une réception pour présenter ces “Chroniques bragardes”, un travail truculent à l’image de son auteur, mais inachevé. « J’ai laissé volontairement des stylos rouges. C’est une matière qui ne demande qu’à être corrigée. Il y a des cases vides. A vous de compléter s’il y a des p’tits bouts de la ville qui vous semblent manquer. »
Et lorsque quelqu’un lui demande quel est son dessin préféré, Jean Chauvelot répond sans hésiter : « Le portrait d’Henri-Pierre Jeudy. C’est une espèce de philosophe totalement fascinant que j’ai rencontré, Dieu merci, à J-1 de la fin de la résidence. Mais il n’est pas Bragard, il est Parisien, donc on l’emmerde !… Ça aussi, c’est pour les enfants… » C’est ça la patte de Jean Chauvelot : souvent piquant, jamais méchant et toujours plein d’humour.
P.-J. P.