Hûmes-Jorquenay : le labeur de la démocratie
Et de six. Depuis 2020, les habitants de Hûmes-Jorquenay sont appelés aux urnes pour la sixième fois dimanche pour des élections municipales. Partielles, le 16 octobre. La faute à une fronde, puis à une erreur. L’assiduité des électeurs faiblit. L’enjeu, aussi, c’est vrai.
L’année 2022 a été électorale pour toute la France, mais un peu plus à Hûmes-Jorquenay. Sachant que le sort avait commencé à se montrer taquin avec l’équipe municipale dès 2020. En effet, trois élus avaient démissionné pour « motifs personnels ». Aussi, quand un vent de fronde s’est levé deux ans plus tard, au début du mois de mars, l’assemblée, qui comptait douze élus au lieu de quinze, a été cette fois emportée. Quatre membres en moins et au demeurant ouvertement en colère – les deux premiers adjoints et deux conseillers municipaux – et elle était pour le coup empêchée de fonctionner. A la mi-mai, les administrés ont donc été appelés à voter pour la compléter. Las, une erreur pure, dénuée de toute intention, a été repérée par la sous-préfecture de Langres, qui a saisi le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne. Sa décision est tombée le 8 juillet : il fallait convoquer de nouvelles élections pour choisir deux conseillers municipaux, indûment déclarés vainqueurs car leurs scores n’avaient pas été assortis de la condition indépassable de l’assiette de 25% des inscrits. Voilà comment les électeurs ont été une nouvelle fois appelés aux urnes le 9 octobre dernier. Seul Philippe Hindermann s’est porté candidat, et s’il a engrangé 100% des voix, ce vivier ne représentait pas non plus 25% des votes des inscrits. Il faut donc un second tour, qui est dimanche 16 octobre. Pendant la semaine, d’autres candidats pouvaient se manifester, à condition de se déclarer officiellement mardi 10 octobre.
« Personne n’est venu »
« Personne n’est venu, il n’y a donc pas de nouveau candidat ». Philippe Hindermann reste seul en lice, confirment les services de la sous-préfecture de Langres. Au plan légal, une seule voix lui suffit pour être élu : au second tour, c’est la règle de la majorité relative qui s’applique. Au regard du taux de participation du 1er tour de cette élection municipale partielle (12,2%), force est de constater le peu d’entrain des administrés à se déplacer pour voter. Un « complément d’élection » pourrait s’avérer un tantinet moins attractif par-dessus le marché. Et si, dimanche prochain… il y avait zéro votant ? Impensable, naturellement. La seule interrogation qui subsiste tient au niveau d’abstention. Aux électeurs de décider si, même pour un vote sans enjeu, ils sont prêts à battre le record d’abstention du 1er tour.
Fabienne Ausserre
f.ausserre@jhm.fr