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Gabriella Zalapi à Apostrophe : entre histoire familiale et fiction

Gabriella Zalapi s’est prêtée au jeu des questions 
autour de son livre.

Culture. Les soirées littéraires offertes par la librairie Apostrophe sont toujours un plaisir pour les amoureux des livres qui y découvrent dans une atmosphère chaleureuse un livre, une œuvre, un auteur… Ce jeudi, Gabrielle Zalapi, peintre plasticienne et écrivaine, venait présenter son deuxième roman “Willibald” fraîchement sorti de presse aux éditions Zoé et déjà loué par la critique.

Les questions bienveillantes de Gérard Meudal la mettent vite en confiance. Polyglotte, elle a vécu dans de nombreux pays mais le français est la langue qui l’a « construite ». Comme dans son écriture, elle se veut la plus précise possible : « J’ai mis trois ans et demi pour écrire ce livre. C’est dire combien tout y est pensé, pesé, réfléchi ».

L’exil

Ce deuxième roman peut sembler être une suite d’“Antonia”. L’auteure y puise aussi dans l’histoire familiale et s’attache cette fois aux pas d’un aïeul, Willibald qui a dû s’exiler pendant l’Anschluss en 1938, quittant Vienne pour le Brésil. Collectionneur d’art, il n’a emporté avec lui qu’un seul tableau « le sacrifice d’Abraham » peint par un contemporain de Rembrandt, un grand tableau que Gabriella, dans son enfance, passait « des heures à regarder ». Reconstituer l’histoire de cet aïeul en consultant minutieusement les archives, en comblant par la fiction toutes les choses qu’on ne sait pas, les trous de l’histoire, essayer de découvrir pourquoi il a pris ce tableau-là, cette scène-là, ce qu’il y trouvait, telle est la matière que l’écrivaine a modelée en récit subtil, mêlant réalité et fiction. L’originalité de ce roman tient aussi au fait qu’il est parsemé de nombreuses photos non légendées quelquefois tronquées, mal cadrées volontairement, qui créent leur propre sens. Il y a là toute une réflexion sur le rapport texte/image qui ne sert plus de simple illustration. Un texte épuré qui va à l’essentiel et refuse tout romanesque. Un texte profond qui invite, conclura Gérard Meudal, « à la relecture et au questionnement ».

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