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En mission parmi les réfugiés du Sahara occidental

De retour en Haute-Marne, Franck Monasse et Bernard Socié vont s’employer à sensibiliser les Haut-Marnais à la cause sahraouie.

Les militants communistes haut-marnais Franck Monasse et Bernard Socié sont allés à la rencontre de réfugiés sahraouis, représentants d’un peuple en exil en Algérie depuis bientôt 50 ans.

C’est un des nombreuses zones de tension d’origine territoriale sur la planète. Mais elle est loin d’être la plus connue : le Sahara occidental. Il s’agit d’une ancienne colonie espagnole, le long de l’Atlantique, notamment voisine de la Mauritanie et occupée par le Maroc au milieu des années 70. Depuis, le royaume a édifié un mur de séparation de 2 700 km avec la frontière de l’Algérie, derrière laquelle se sont réfugiés les Sahraouis, près de la ville de Tindouf. « C’est l’un des déserts les plus arides, les plus inhospitaliers au monde », explique Franck Monasse.

Originaire de la vallée de la Blaise, le co-secrétaire de la fédération haut-marnaise du Parti communiste français (PCF) s’est rendu à Tindouf, du 24 février au 3 mars 2024. En compagnie du Chaumontais Bernard Socié, il faisait partie d’une délégation « officielle » de militants associatifs – il existe une association des Amis de la République arabe saharouie -, journalistes, universitaires… Pourquoi cette présence de communistes ? « Les Sahraouis nous l’ont dit : nous sommes les seuls à les avoir soutenus « sans ambiguïté » depuis 1976 », souligne Franck Monasse.

« Lutte de libération »

Réserves de phosphate, mines de fer, poisson en abondance dans les eaux de l’Atlantique : rappelées par les deux militants haut-marnais, les raisons pour lesquelles le Maroc entend bien conserver la mainmise sur le Sahara occidental sont évidentes. A l’inverse, le Front Polisario souhaite depuis un demi-siècle retrouver la jouissance de sa terre. « Le Polisario est une organisation socialiste qui a créé un Etat en exil, reconnu par l’Union africaine, explique Bernard Socié. Il mène une lutte de libération, qui a beaucoup de similitudes avec la lutte palestinienne. »

Le Sahara occidental a son président, Brahim Ghali, élu pour trois ans, son gouvernement, son parlement, sa police… et sa Fête nationale. C’est à cette occasion que la délégation française s’est rendue dans les camps qui réunissent 165 000 réfugiés, notamment des enfants qui « sont dans une santé parfaite » grâce à une aide humanitaire régulière. « A 60 %, la population est âgée de moins de 25 ans », précise Franck Monasse. Ce qui explique que la majorité sont nés en exil.

« V de la victoire »

Pour autant, ces jeunes conservent l’espoir de franchir, un jour, dans l’autre sens, la frontière algéro-marocaine. « Ceux que nous avons croisés sont très combatifs, font le V de la victoire, nous disent « quand est-ce qu’on rentre ? » », expliquent les deux militants haut-marnais. Autant de messages d’espoir reçus, d’images, de souvenirs dont Franck Monasse et Bernard Socié feront profiter leurs compatriotes lors de conférences, notamment à Chaumont et à Joinville. Objectif : sensibiliser la population à la cause sahraouie, Etat que la France n’a pas reconnu.

L. F. 

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