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Elevage et micro-méthanisation : l’exemple de Colombey

Les chambres d’agriculture de l’Aube et de la Haute-Marne sont à l’initiative de cette visite.

Sylvain Fourier et ses quatre associés d’un Gaec de Colombey-les-Deux-Eglises ont fait le choix de la micro-méthanisation, tout en conservant l’élevage laitier initial. Un projet moderne et ambitieux, engagé dans une période pourtant économiquement très critique.

A l’initiative des Chambres d’agriculture de l’Aube et de la Haute-Marne, une visite de terrain était organisée à Colombey pour les élus de la Région, le 9 octobre.

Sylvain Fourier a débuté sa carrière dans l’exploitation de son père, Pierre, en 1993. Il y avait alors 40 vaches laitières à la ferme de Colombey, et des champs de céréales à cultiver. Quand Pierre a pris sa retraite, en 2005, Sylvain s’est associé à Jérôme, un de ses amis éleveurs. Ils ont continué à produire du lait, mais dans des conditions difficiles.

Rappelons qu’à cette période en France, plus d’un quart des exploitations ont disparu en l’espace de seulement dix ans, soit environ 13 000 élevages : « Moi j’étais plus pour arrêter l’élevage », a expliqué Sylvain Fourrier lors de la présentation du Gaec. « Avec mes neveux, Emilien et Florent, qui travaillaient dans l’Aube dans des exploitations viticoles et céréalières, et mon fils Nathan, qui termine actuellement son BTS, on a eu l’idée de se lancer dans la micro-méthanisation, en conservant l’élevage mais en le renouvelant, en le modernisant avec des robots et de l’automatisation ».

S’adapter

Ainsi, le projet est né en 2019 et les travaux ont débuté en 2021. Il a connu des retards et un investissement passant de 1,150 million d’euros à 1,5 million. « On s’est adaptés à chaque fois, on a même commencé sans électricité, les panneaux solaires n’étaient pas encore installés, et le transformateur, qui devait être vert plutôt que blanc, car Colombey est un site classé, a mis six mois avant d’être livré. Il y a eu aussi énormément de tracasseries administratives, des subventions qui se sont révélées moins importantes que prévu, des tas de dossiers à monter, mais heureusement les jeunes s’y collent parce que moi je suis un peu usé ! (rire) ».

L’exploitation compte 120 vaches – le lait, sans OGM, est vendu à une coopérative laitière indépendante du secteur -, et 480 hectares de terres cultivables : maïs, luzerne, colza, tournesol, orge, herbe et même du chanvre, vendu à une chanvrière de l’Aube. « Si on veut maintenir l’élevage, la seule solution c’est la diversification », explique Nathan Fourier. « Oui, c’est une culture super, le chanvre, ajoute Jérôme, son associé, ça pousse bien et ça se récolte vite aussi ».

Energie verte

Leur système de méthanisation permet de valoriser toutes les matières organiques (déjections animales – lisier raclé quotidiennement -, restes de céréales et déchets verts). Les réactions biologiques vont conduire à la formation de biogaz, une source d’énergie renouvelable, et d’un digestat (une boue inodore) qui pourra être utilisé comme fertilisant.

La micro-méthanisation désigne des unités de production plus petites, dont la puissance n’excède pas les 80 kW – entre 60 et 70 pour le Gaec de Colombey – mais capable de produire entre 35 000 et 42 000 kW par mois. Elle s’adapte donc à l’échelle de l’exploitation.

L’installation permet aux éleveurs de valoriser leurs effluents d’élevage en les transformant en énergie verte. Le procédé, très automatisé, ne demande que peu de temps de travail aux éleveurs : environ 20 minutes par jour. La plus grosse maintenance a lieu une fois par mois, lors de la vidange des moteurs. Le lisier est pompé quotidiennement pour être acheminé dans le digesteur, il est ensuite maintenu à 40° C afin de créer un environnement propice à la production de biogaz qui sera capté et transformé en électricité.

Une partie de la chaleur produite est récupérée par les éleveurs pour leur exploitation.

Ce qu’en disent les élus

Etienne Marasi, président de la commission “Développement économique” au sein du Conseil régional, a salué le travail de ces éleveurs, « qui ont pris le risque de recommencer à zéro. Et en plus ils l’ont fait dans les pires conditions économiques, en pleine période d’inflation. C’est une force dans ce cas d’avoir un projet collectif, d’être à plusieurs ». La conseillère régionale Sophie Delong a quant à elle soulevé le problème des lourdeurs administratives.

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