Cosplay : « le moindre petit détail compte »
Depuis 2011, Clémence Billiard se passionne pour le cosplay, un loisir qui consiste à jouer le rôle d’un personnage de fiction en imitant son costume, ses cheveux et son maquillage. Depuis son coin couture installé dans sa maison à Nogent, elle s’est créée une trentaine de costumes.
« J’ai dessiné avant de marcher. A 8 mois, je tenais déjà un crayon », confie Clémence Billiard, une cosplayeuse. Depuis une dizaine d’années, ses pulsions créatives ont trouvé refuge dans la création des costumes de ses personnages de fiction préférés. Néanmoins, elle n’a pas pour autant rangé ses crayons et pinceaux. « Je dessine beaucoup sur le tissu pour faire certains effets. Des personnes préfèrent tout faire avec du fil et du tissu, mais pour moi, cela m’est plus naturel et plus rapide. »
L’amour d’incarner d’autres personnages est venu à Clémence par le théâtre. Elle a été actrice au sein de la troupe de théâtre « Les Asticots » pendant une dizaine d’années, jusqu’en 2010. « A la base, le costume ce n’était pas vraiment mon truc, mais j’aimais les belles robes et changer de personnalité », confie-t-elle.

Ce qui la conduira à réaliser ses premières créations de costumes en 2005, puis à se mettre au cosplay en 2011. En l’espace d’une dizaine d’années, Clémence a réalisé une trentaine de costumes : Harley Queen de Batman, Daphné de Scooby-Doo, C-18 de Dragon Ball Z, Sisu du Disney Raya, Hauru du Château ambulant, Sally de L’étrange Noël de Mr Jack, Audrey Fleurot de HPI…
Chiner
« Le moindre petit détail compte. Dans la série HPI, Audrey Fleurot a un tatouage qu’on voit juste dépasser de ses décolletés. Je l’ai reproduit. » Pour une robe de princesse Disney, le détail se joue avec les arceaux, pour un costume d’époque, ça se joue sur les boudins…
A la fois pour des raisons écologiques et économiques, Clémence trouve la majorité de ses matières premières chez Emmaüs. Entre les draps et les tissus d’ameublement, elle finit toujours par tomber sur ce qu’elle cherche. « Je n’ai pas de délai à respecter, alors je peux prendre le temps de chiner. »
« C’est un univers qui réunit des personnes de tous âges, de tous métiers et de toutes classes sociales. »
Quand elle s’est mise au cosplay, Clémence a participé à quelques concours, à Chaumont, mais aussi à Paris à la Japan Expo et au salon Paris Manga. Néanmoins, ce n’est pas ce qu’il lui apportait le plus de plaisir. « Aujourd’hui, c’est un loisir que je veux garder en loisir », inciste Clémence qui est auxiliaire de vie scolaire et artiste peintre à son compte.

Pour elle, le cosplay c’est avant tout des rencontres. « C’est un univers qui réunit des personnes de tous âges, de tous métiers et de toutes classes sociales. J’ai autant rencontré des chômeurs que des avocats. C’est une ambiance très riche qui amène à d’autres projets. »
Julia Guinamard
Le cosplay, un art mal compris
« Le cosplay a souvent une mauvaise image. Les gens ne se rendent pas compte du travail qu’il y a derrière, ils le réduisent souvent à un simple déguisement de soirée », pointe Clémence Billiard, qui déplore que les cosplayeurs soient parfois considérés – à tort – comme des illuminés. « Quand j’ai commencé, mon meilleur ami a cru que j’étais entrée dans une secte… Les gens s’imaginent qu’on croit vraiment être quelqu’un d’autre. »

A ses yeux le cosplay, c’est « l’art de se costumer et de ressembler le plus possible au personnage choisi ». Ce qui demande des compétences allant bien au-delà de la couture, comme le travail du fer pour des armures, du moulage de résine pour des pierres précieuses, de la chapellerie, du maquillage… Mais aussi de théâtre pour reprendre l’attitude de son personnage en apprenant des lignes de son texte, en chantant ou dansant.
