Claude Roblet, médecin au long cours
CES ILLUSTRES INCONNUS DE LANGROIS. Des Langrois, au fil des siècles, ont su marquer l’Histoire de leur empreinte. Mais, à côté de ces héros incontournables, ils ont été nombreux à avoir une grande carrière dans leur domaine, tout en restant inconnus, ou presque, à Langres. Ce sont “les illustres inconnus de Langrois”. Aujourd’hui, Claude Roblet.
Etonnante épopée que celle de Claude Roblet, un médecin – précis et talentueux mais sans génie particulier – qui vécut lors de la deuxième partie du XVIIIe siècle et au début du Siècle de Napoléon (le XIXe). Aucune découverte scientifique ou médicale d’envergure n’est à mettre à sa profit. Ce qui le distingua, en réalité, est son goût pour l’aventure maritime et les contrées lointaines.
Claude Roblet est né à Langres le 7 octobre 1758. Il est le fils de François Robelet et de Marguerite Esprit. Il passe toute sa jeunesse à Langres. A l’âge de 18 ans, il se tourne vers la médecine et la chirurgie. Non pas par passion pour ces métiers mais, déjà, parce qu’il entrevoyait les aventures et voyages que pourraient occasionner ses connaissances médicales. « Entraîné depuis ma plus tendre jeunesse par un goût effréné pour les voyages, je tournai de bonne heure toutes mes pensées vers ce goût dominant. Ce fut pour satisfaire cette curiosité que je m’adonnai à la chirurgie, ayant lu et entendu dire que cet état est favorable aux personnes qui se destinent à parcourir l’univers », expliquera-t-il a posteriori dans une lettre. Il se forme aux hôpitaux de la Charité et de Saint-Laurent de la cité lingonne.
Il travaille ensuite au centre hospitalier de Besançon de 1776 à 1779, puis à celui de Brest de 1779 à 1781. C’est cette année-là qu’il est nommé aide-chirurgien militaire et peut enfin commencer ses explorations. Il embarque, le 4 mars, sur le bâteau L’Annibal pour rejoindre les Indes. Il arrive en septembre à « l’Île de France » (actuelle île Maurice) pour laquelle il a un véritable coup de foudre. Il doit néanmoins reprendre la mer, et officie pendant toute l’année 1782 sur le navire militaire La Pourvoyeuse, alors en guerre contre la Royal Navy commandée par Edward Hugues. Il prend ainsi part à plusieurs batailles.
A bord du Solide
Après la paix conclue, Claude Roblet s’installe pendant plusieurs années en Inde, où il devient le premier médecin du Roi Aly Soubab d’Hyderabad. En 1790, il est recruté comme médecin-chef par le navigateur Etienne Marchand à bord du Solide, pour son tour du monde de près de deux ans. La performance de Marchand sera d’ailleurs relatée sur plusieurs pages par Jules Verne.
A bord, Claude Roblet prend toutes les dispositions requises pour éviter scorbut et infections, avec succès. Peu de maladies se déclarent à bord, alors que Roblet impose des normes d’hygiène assez avant-gardistes. C’est à l’occasion de ce voyage que l’île Marchand est découverte, tandis que l’équipage étudie grandement les autochtones, ainsi que la faune et la flore, des îles Marquises.
En 1793, au terme du voyage, Claude Roblet passe quelques semaines à Paris, pour faire part de ses découvertes à son ami le comte de Fleuriau. Il repart ensuite pour l’île Maurice, où il s’installe définitivement en compagnie de son épouse Anne-Marie Noël, avec laquelle il aura cinq enfants. Il meurt à Port-Napoléon (aujourd’hui Port-Louis) le 4 mars 1809.
N. C.