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Bronchiolite, les officines à court de traitement préventif

Le traitement préventif contre la bronchiolite est pour le moment réservé aux maternités. (Photo AFP).

En septembre dernier, pour protéger les plus jeunes à l’approche de l’automne, le Beyfortus, nouveau traitement préventif contre la bronchiolite, a été lancé. Suite à un succès non anticipé dans les pharmacies de Saint-Dizier et d’ailleurs, l’accès aux doses a été restreint.

Un nez encombré, une toux de plus en plus fréquente, une respiration devenue sifflante, il se peut que votre nourrisson contracte une bronchiolite. À l’instar de la grippe ou encore du Covid, c’est une maladie qui revient tous les ans quand la météo devient plus froide et humide.

Mais cette année, les parents peuvent, s’ils le désirent, faire prendre à leur progéniture un nouveau traitement préventif nommé Beyfortus. Enfin, en théorie, car il y a très vite eu un couac. « Les commandes ont été ouvertes le 15 septembre pour les deux dosages (enfant de plus et de moins de 5 kg). Quand on a cherché à les commander, il y en avait très peu de disponibles », se remémore Bénédicte Guetrelle, présidente du Syndicat des pharmaciens de la Haute-Marne, basée à Éclaron. 

Un engouement plus ou moins ressenti par les pharmaciens

Ce qui pose dorénavant problème. Car, dès l’annonce de sa mise sur le marché et à la suite de diverses campagnes de sensibilisation, nombreux ont été les parents à s’être rendus dans certaines officines bragardes pour s’en procurer. « Il y a eu pas mal de prescriptions », a constaté un pharmacien, installé dans le quartier du Vert-Bois. « Il y a eu un engouement qui perdure jusqu’à maintenant. C’est cet engouement qui a entrainé une pénurie. C’est une excellente chose. Cela veut dire que le travail de prévention, fait par les professionnels de santé, auprès des patients, a été réalisé. »

Et même lorsqu’ils étaient peu nombreux, pas moyen de répondre favorablement à la demande. « On a eu une personne qui en avait besoin. Quand on a voulu passer commande, on nous a dit que le 50 mg n’était plus disponible et qu’il fallait attendre que le bébé fasse 5 kg pour commander le 100mg », se rappelle Florie Porcherot, pharmacienne aux Ajots. « Même si on n’a pas eu beaucoup de patients, on trouve ça dingue, cette gestion des stocks. »

Des doses réservées aux maternités

Une livraison serait bien prévue ces prochains jours, mais seulement pour les commandes passées et non honorées en septembre. Pour l’heure, il n’est plus du tout possible de commander le traitement préventif en officine. « Il y a eu une sous-estimation des besoins par l’État », estime Bénédicte Guetrelle. Avant de déplorer : « Le pharmacien est dans une position inconfortable, pris en sandwich entre la demande légitime des patients et les approvisionnements aléatoires et imprévisibles des autorités ».

Son confrère du Vert-Bois se veut moins sévère envers le gouvernement. « Le ministère de tutelle, les Agences régionales de santé et l’Agence nationale de sécurité du médicament ont pris la décision de faire basculer l’approvisionnement sur les pharmacies hospitalières. Pour moi, la chaîne n’a pas été rompue. »

Ce que confirme l’ARS Grand Est : « Les doses sont réservées aux établissements de santé sièges de maternité pour traiter les nouveau-nés et les nourrissons fragiles hospitalisés, plus susceptibles de développer des formes graves. Ils sont approvisionnés à hauteur de 70 % de leurs naissances. »

Au centre hospitalier Geneviève-De-Gaulle-Anthonioz, « deux cas ont été recensés ce week-end ». Mais la structure reste prudente. « Nous ne sommes pas encore en période d’épidémie. »

Épidémiologie

Comme dans la quasi-totalité de l’Hexagone, le virus de la bronchiolite circule bien dans le Grand Est. Dans un point épidémiologique régional paru le 30 novembre sur le site de Santé publique France, durant la semaine du 20 au 26 novembre, « la proportion des hospitalisations pour bronchiolite parmi toutes les hospitalisations après passage en SAU (service d’accueil des urgences, NDLR) est de 37,2% alors qu’elle était de 30,1 % », la semaine précédente. Une augmentation aussi ressentie par les médecins et laboratoires de la région. Pour le moment, la courbe reste toutefois inférieure à celle de la saison 2022-2023.

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