Un arbre aux multiples facettes a poussé à l’entrée de Chaumont
Graphisme. Un arbre aux multiples détails a poussé en une dizaine de jours sur le château d’eau du rond-point d’Ashton, à Chaumont. L’artiste plasticien Philippe Baudelocque a partagé les dessous de son travail, ce jeudi 20 avril.
« Cette œuvre est un cosmos au sens grecque du terme, c’est-à-dire qu’elle représente un tout », explique Philippe Baudelocque, l’artiste plasticien à l’origine de la peinture murale ayant fait son apparition sur le château d’eau du rond-point d’Ashton. Perché sur une nacelle, muni de bâtons à l’huile, il a travaillé pendant huit jours, depuis le 5 avril.
« Tous les publics peuvent se retrouver dans certains détails. »
Si à première vue un simple arbre se dessine sur la structure, l’infiniment petit et grand se mélangent en son sein. En se penchant sur les détails, de multiples symboles apparaissent, comme des hélices d’ADN ou un système planétaire.
« Tous les publics peuvent se retrouver dans certains détails. Un médecin remarquera peut-être plus un globule blanc alors qu’un enfant s’arrêtera sûrement davantage sur le cerf », estime Philippe Baudelocque. Une chose reste néanmoins commune à tous, du fait de sa forme cylindrique, personne ne peut voir en un coup d’œil la peinture murale dans son entièreté.
A l’intérieur de l’œuvre
Pour imaginer son œuvre, Philippe Baudelocque est parti de ce que représente le support à recouvrir : l’eau. Faire pousser un arbre sur les parois du château d’eau lui a semblé une évidence. Le reste s’est fait petit à petit.
« Au départ, je n’avais pas prévu d’inclure du figuratif, mais, pour être universel, j’ai senti le besoin de faire une accroche. J’ai alors eu l’idée de faire un cerf avec des bois se mêlant dans la structure de l’arbre », explique-t-il.

Puis, pendant qu’il dessinait, Philippe Baudelocque s’est créé une histoire. L’arbre part du cerf. Du côté droit, se trouvent des rhizomes qui symbolisent l’intérieur de la terre. Quant au côté gauche, il est consacré aux branches de l’arbre. Enfin, à l’exact opposé du cervidé, se trouve une forme de représentation du corps humain avec des intestins.
L’entrée de ville va faire peau neuve
Après, c’est à chacun de faire son interprétation et de se laisser interpeller par les symboles lui parlant. « Quand des gens s’arrêtaient pendant que je travaillais, ils se projetaient eux-mêmes en se racontant des histoires », témoigne l’artiste plasticien.
Peu importe ce que chacun voit, une chose est sûre : la fresque apporte de la nouveauté au milieu de bâtiments fatigués. Deux riveraines promenant leur chien s’arrêtent à la hauteur de Philippe Baudelocque. « Ça change de ce qu’il y avait avant, c’est beaucoup mieux. Vous ne voulez pas peindre les façades des immeubles ? » Reste à voir si la Ville peut investir.
Cette fresque s’inscrit dans le parcours graphique de Chaumont, qui est déjà composé de plusieurs œuvres, notamment aux entrées de ville, du côté de l’hôpital et de la gare. La prochaine sera réalisée sur le gymnase Jean-Masson. Par ailleurs, l’arbre du château d’eau sera bientôt rejoint par une végétation bien réelle. Des bâtiments entourant le château d’eau vont être détruits pour laisser place à un parc.
Julia Guinamard
j.guinamard@jhm.fr
Chaumont : « la Mecque du graphisme »
De l’Europe aux Etats-Unis, en passant notamment par le Japon et Hong Kong, Philippe Baudelocque a créé des peintures murales aux quatre coins du monde. Si Chaumont est moins exotique que certaines de ces destinations, l’artiste plasticien est honoré de laisser son empreinte dans la ville.
« Chaumont est comme la Mecque du graphisme en France. Dans le secteur, la ville est reconnue dans le monde », soutient-t-il. Ce n’est d’ailleurs pas son premier passage ici. Alors qu’il était étudiant en graphisme, il y a plus d’une vingtaine d’années, il avait réalisé une affiche pour la Fête de l’affiche.
