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Les murs ont la parole. Angélique, la mère aimante de Denis

Retrouvons le clan Diderot pour parler de la mère du philosophe, Angélique Vigneron. Une figure discrète et tendre, concernant laquelle le philosophe a livré peu de confidences.

Si Denis Diderot grandit du côté paternel dans un environnement d’artisans, avec une tradition coutelière, il en est de même du côté de sa mère. Si on dénombre beaucoup d’ecclésiastiques dans la famille Vigneron, on est également couteliers et surtout tanneurs. Angélique est en effet la 13e enfant d’un marchant tanneur. Rappelons qu’à cette époque, un quartier entier situé en contrebas des remparts, le quartier de Sous-mur, est occupé par cet artisanat. En témoigne plusieurs cuves en pierre conservées dans des caves et utilisées autrefois pour faire tremper les peaux. Le 19 janvier 1712, Angélique épouse Didier Diderot en l’église de Chassigny. C’est le propre frère de la mariée qui bénit leur union. Chose peu fréquente pour l’époque, Didier est âgé de 27 ans, quand Angélique en a 35. De cette union naitront 7 enfants, Denis étant l’ainé. Si Denis cite rarement sa mère, il semble cependant avoir eu une grande affection pour elle. Lors de ses années bohème à Paris, sa mère lui fait envoyer de l’argent à plusieurs reprises, par l’intermédiaire d’une servante dévouée qui fait le chemin à pied de Langres à Paris.

Quand Angélique s’éteint à l’âge de 71 ans en 1748, Denis est très affecté, alors qu’il ne l’a pas vue depuis 5 ans. En 1770, dans le Voyage à Bourbonne, Denis se remémore ses proches et ses souvenirs d’enfance dans la maison langroise , « O toi, qui réchauffais mes pieds froids dans tes mains ! O ma mère… Que je suis triste ! » (…) J’étais alors à Paris. Je n’ai vu mourir ni mon père, ni ma mère. Je leur étais cher, et je ne doute point que les yeux de ma mère ne m’aient cherché à son dernier instant. Il est minuit, je suis seul ; je me rappelle ces bonnes gens, ces bons parents, et mon cœur se serre quand je pense qu’ils ont eu toutes les inquiétudes qu’ils devaient éprouver sur le sort d’un jeune homme violent et passionné, abandonné sans guide à tous les hasards d’une capitale immense, le séjour du crime et des vices, sans avoir recueilli un instant de la douceur qu’ils auraient eue à le voir (…) J’ai fait le malheur de mon père, la douleur de ma mère tandis qu’ils ont vécu… »

De notre correspondante Angélique Roze

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