Elle s’est lancée sur Airbnb
Dans son classement du Top 10 des recherches de locations dans les départements ruraux publié fin juillet, Airbnb a classé la Haute-Marne en deuxième position. A Chaumont, Laurence Bertin s’est lancée dans l’aventure depuis début juillet. Elle retrace son parcours.
« J’ai besoin de nouveauté, j’adore avoir des projets et des défis. J’aime aussi recevoir et cuisiner, faire plaisir avec des petites attentions », explique Laurence Bertin, hôte Airbnb à Chaumont depuis juillet. Une aventure qui lui permet aussi de « mettre du beurre dans les épinards ».
En jumelant ses appétences, mais surtout au gré des hasards, elle s’est retrouvée à réaménager sa maison pour faire une chambre d’hôte, qu’elle a baptisée « Chez Loloden« . Une rencontre l’a particulièrement orientée dans cette voie : celle avec Ahmad, un réfugié afghan. « Une de mes amies lui donnait des cours de français. Un jour, il s’est retrouvé sans toit… Comme mon fils avait quitté la maison quelques mois plus tôt, j’ai tout de suite pensé à sa chambre vide », raconte Laurence Bertin.
Ahmad est ainsi devenu son premier locataire. « En l’aidant, une nouvelle page s’est aussi écrite pour moi. » L’idée d’aménager l’ancien espace de son fils en chambre d’hôtes a alors germé. Laurence Bertin s’est alors rapidement lancée dans le projet avec l’aide de ses amis.
Sens pratique
Dans un premier temps, des travaux se sont imposés. Avant tout dans la chambre, mais aussi à l’extérieur de la maison. Pour attirer des voyageurs, les photos doivent donner envie. Alors Laurence Bertin a fait appel à des professionnels, notamment pour construire une terrasse autour de la piscine. Pour les travaux plus simples, elle s’est retroussée les manches avec le soutien de ses amis.

Sa plus grande fierté réside au fond du jardin : la réalisation de toilettes sèches. Le lieu a même eu le droit à sa propre pendaison de crémaillère. « Au-delà d’éviter à mes hôtes de retourner à la chambre quand ils profitent de la piscine, cela me permet de mettre mon jardin en location à l’après-midi, par exemple pour un anniversaire. »
Par ailleurs, l’administration et la gestion ont incarné un fastidieux travail. Laurence Bertin a notamment dû créer une entreprise. Une nouvelle fois, elle a pu compter sur l’aide de ses proches, cette fois-ci sur celle d’un gestionnaire de patrimoine. Puis, il a fallu faire les photos, rédiger l’annonce de location, faire de la communication… Et, maintenant que tout est lancé, le travail continue : changement des draps, ménage, préparation de cookies de bienvenue, de petits-déjeuners. Airbnb, c’est toute une activité !
Julia Guinamard
j.guinamard@jhm.fr
Renseignements au 06.70.87.10.91 et laurence.bertin@neuf.fr
Tous les week-ends réservés depuis juillet
« Ma première réservation remonte au 1er juillet ! » Depuis, chaque week-end, la chambre d’hôtes de Laurence Bertin est réservée. « J’accueille principalement des Allemands et des Hollandais qui s’arrêtent sur le trajet de la Suisse, mais aussi des travailleurs en intérim. »
Pour trouver ses hôtes, elle a mis des annonces sur Airbnb, mais aussi sur Le Bon Coin. « Le Bon Coin ne fonctionne pas très bien. Aucune location n’a abouti par ce canal. J’ai eu des réservations, mais elles ont toutes été suivies d’annulation. Beaucoup de personnes passent par Airbnb et tout se passe directement sur le site. C’est vraiment facile à gérer. Par contre, ça se paie avec une commission de plus de 20 %… Mais, sans eux, je n’aurais pas de réservation ! »
Ouvrir la porte de sa maison
A la première location Airbnb, Laurence Bertin a eu une appréhension car elle recevait un homme. Elle avait alors demandé à son fils de venir passer la nuit chez elle. Finalement, ses craintes se sont révélées infondées. Jusqu’à maintenant, tous les séjours se sont bien déroulés, avec de belles rencontres, sauf une. Des hôtes ont emprunté la cuisine, ce qui n’est normalement pas compris dans la location, ont laissé leurs bazar et vaisselle sale. Rien de grave, mais suffisamment ennuyeux pour se jurer de ne pas prêter sa cuisine deux fois !