A qui la faute ? L’édito de Christophe Bonnefoy
A voir les impressionnantes images des inondations dans le Var, puis dans l’Aude, on se dit en toute logique que la nature est définitivement plus forte que l’Homme. Dès lors qu’on se trouve face au lourd bilan humain, on pousse la réflexion un peu plus loin : à qui la faute ?
Certes, lorsque le ciel décide, difficile de venir contester sa volonté. Mais il semblerait bien – c’est même une certitude désormais -, que tout ne soit pas fait pour prévenir les conséquences de ses colères, et donc les limiter.
Il y a, d’abord, le fameux réchauffement climatique, que personne ne peut contester aujourd’hui. De “réchauffement”, l’orthographe se transforme vite en “dérèglement”. On est en plein dedans. Il est d’ailleurs peut-être trop tard pour aller contre l’inéluctable. En revanche, si les pluies de ces derniers jours étaient évidemment difficilement évitables, les crues auraient pu être gérées. Ou minimisées. La faute, donc, à l’Homme, qui n’a pas pensé comme il aurait dû, l’aménagement du territoire. Il est sans cesse allé contre la nature. Contre-nature, presque.
On en est ainsi, désormais, à constater puis déplorer, quand il aurait fallu prévoir pour éviter.
Et, surtout, on se trouve forcément face à un constat implacable. Non, la nature ne se venge pas, comme le bon sens populaire le résume parfois avec facilité. Elle ne se venge pas, elle ne fait que suivre le cours normal des choses. Elle profite tout simplement des facilités que l’humain lui offre.
On voit le résultat : des intempéries plus fréquentes, plus violentes. Des phénomènes qui ne touchent plus seulement l’autre bout de la planète. Et une sorte de fatalisme, c’est là le pire.