Yvette Leblanc, un siècle de vie dans le village
Elle n’a jamais quitté
la commune depuis sa naissance
le 31 mai 1923. Doyenne
de Mathons, Yvette Douillot
épouse Leblanc a soufflé
ses 100 bougies
entourée des siens.
C’est le bâtiment où elle fut écolière jusqu’à l’âge de 12 ans. Celui où elle a dit oui, le 23 mai 1942, à René Leblanc. Les principales étapes marquantes de la vie d’Yvette Leblanc ont eu pour cadre cet immeuble municipal qui accueille toujours la mairie de Mathons mais où l’école a depuis fait place à une salle des fêtes. Quoi de plus naturel, dès lors, que la doyenne du village y ait réuni sa famille pour célébrer son siècle de vie.
Une vie qui, à l’exception de trois années d’études à l’Institution Pernot de Joinville, s’est exclusivement passée dans ce petit village où elle a vu le jour le 31 mai 1923, à l’écart des Bons-Hommes. « Dans cette ferme, j’ai vécu successivement dans cinq maisons », précise cette femme coquette, curieuse et dotée d’une mémoire extraordinaire qui souffle aujourd’hui ses 100 bougies.
Tournées jusqu’à Joinville
Comme pour de nombreuses personnes de sa génération, ces 100 années auront été marquées par des drames – la guerre, notamment, qui lui a enlevé son petit frère et son beau-frère, et au cours de laquelle la ferme familiale a été incendiée par les Allemands le 10 août 1944 – mais également par les satisfactions d’une épouse, d’une femme active exploitant la terre des Bons-Hommes aux côtés de son mari originaire de Nomécourt, d’une mère de famille. « Nous faisions de la polyculture, nous avions une quarantaine de vaches, se souvient Yvette Leblanc née Douillot. Avant la guerre, on fabriquait à la ferme du fromage frais, du beurre que l’on vendait en tournée jusqu’à Joinville. Puis nous avons vendu notre lait à Saint-Urbain. » C’était l’époque où Mathons comptait 110 habitants, dix exploitations agricoles, deux cafés.
Amir et Vianney
Les deux époux avaient respectivement 56 et 51 ans quand ils ont cédé leur ferme. « A cette époque, on nous encourageait à laisser la place à des jeunes agriculteurs », explique l’agricultrice retraitée.
Passionnée de lecture, de mots croisés, cuisinière hors pair, Yvette Leblanc est une femme qui vit pleinement avec son temps, ayant conduit sa voiture jusqu’à l’âge de 99 ans, appréciant les chanteurs de la nouvelle génération comme Amir, Slimane ou Vianney.
Depuis le décès de son époux en 2005, celle qui vit toujours au village est le repère d’une famille dispersée aux quatre coins de la France mais qui a tenu à converger vers le berceau familial de Mathons pour fêter, comme il se doit, le siècle de vie de cette mère de sept filles (dont une décédée en bas âge), qui lui ont donné neuf petits-enfants et quinze arrière-petits-enfants. Une centenaire à Mathons, même si l’on vit plutôt longtemps chez les Douillot – le père d’Yvette est décédé dans sa 98e année, son frère André dans sa 101e -, c’est un événement exceptionnel que la municipalité n’a pas voulu laisser dans l’ombre, en manifestant son amitié en la personne du maire, Laure Plantegenet, d’élus et habitants de la commune.
L. F.
De plus en plus de centenaires
Les articles parus dans nos colonnes en témoignent. De plus en plus d’habitants de France, et particulièrement des femmes, dépassent le cap du siècle de vie. A l’échelle nationale, il y en a 30 000, à 86 % féminines. La Haute-Marne n’échappe pas à la règle. Depuis le début de l’année, une douzaine de centenaires ont ainsi été célébrés. Et nous ne sommes qu’au mois de mai.