Vessies et lanternes – L’édito de Christophe Bonnefoy
Serait-on, éventuellement, en train d’essayer de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ? Les lanternes, elles, au moins, éclairaient à moindre coût. Nos ampoules aussi, en 2021, font jaillir la lumière. Mais à des tarifs qui frôlent l’indécence. Plus largement, les prix de l’énergie sont en train de s’envoler. Et nos porte-monnaie de se vider.
Tout comme les réservoirs de nos automobiles, qu’on remplit maintenant avec le geste de celui qui ne peut plus se permettre de dépasser d’une seule goutte son budget. De moins en moins souvent si possible. Lorsqu’on se surprend à lire une facture à trois chiffres alors qu’elle n’en comptait que deux il y a quelques semaines, on se dit que, finalement, le vélo de grand-papa avait du bon.
Reste que la voiture est indispensable. Parce qu’on ne fait pas 30 km en plein hiver à la force du mollet. Le train ? N’en parlons pas. On sait à quel point la loco se fait rare dans notre département.
Le prix du carburant, en plus de celui du gaz ou de l’électricité, s’invite ainsi dans la campagne. Electorale s’entend. Tout comme il s’était invité, en 2018, dans le débat public, jusqu’à lancer ou relancer la vente de gilets jaunes.
Et les solutions esquissées passent déjà mal, en tout cas concernant l’essence ou le diesel. Largement taxés par l’État… ils le resteront, pour laisser, sans doute, la place à un chèque carburant pour les publics les plus modestes. Notion on ne peut plus vague.
Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, peut toujours nous dire qu’une éventuelle baisse de la fiscalité coûterait « très cher pour un résultat que les Français ne (verraient) pas ». Le message, dans un pays qui pleure aujourd’hui sur la chute de son pouvoir d’achat, est difficilement audible. Rappelons que les taxes représentent grosso modo 60 % du prix d’un litre d’essence ou de gazole.