Un de plus – L’édito de Patrice Chabanet
A chaque jour sa « révélation » sur des « comportements déplacés » envers les femmes. Dans l’oeil du cyclone aujourd’hui : Eric Coquerel, le tout nouveau président de la Commission des finances à l’Assemblée. On apprécie ou on n’apprécie pas cet Insoumis, fidèle exécutant de Jean-Luc Mélenchon, mais on est frappé par ces révélations dès le lendemain de son élection. Un air de ressemblance avec l’affaire Abad, lui aussi au cœur d’une polémique juste après son passage des Républicains au camp des macroniens. Dans le cas Coquerel, il n’y a même pas une once de début de procédure judiciaire. La machine à dénoncer est alimentée par la rumeur et le sulfureux « tout le monde savait ». On peut rappeler à cette occasion la célèbre phrase de Madame de Rémusat, femme de lettres française : « Les allusions sont les lettres anonymes de la conversation ».
De deux choses l’une : soit les personnes incriminées ont commis les actes qu’on leur impute, soit elles n’ont rien à se reprocher. Seule la Justice pourra faire la part des choses. Son handicap majeur : elle est lente, plus poussive que les tribunaux populaires qui, eux, naissent comme des champignons.
Cette nouvelle affaire devrait inciter les maniaques de la dénonciation à balayer devant leur porte. Ainsi l’écologiste Sandrine Rousseau qui exigeait il y a peu la démission immédiate de Damien Abad affirme, sans sourire, qu’elle n’a jamais rien entendu sur les bruits qui couraient autour de Coquerel. Une surdité bien sélective.
Les réactions à géométrie variable font courir un risque supplémentaire pour l’image de la classe politique dans l’opinion publique. Pour certains, elle couve des prédateurs dans un état d’esprit corporatiste. Pour d’autres, elle reste un vivier d’individus prêts à tout pour démolir l’adversaire. En ce moment, tout tourne autour de la relation avec les femmes. Demain, quel sera le fil conducteur des polémiques ?