Un coût exorbitant – L’édito de Patrice Chabanet
Comme en Ukraine, le conflit du Proche-Orient s’installe dans une routine dont on ne voit pas l’issue. Dernier fait majeur : la mort de sept humanitaires dans la bande de Gaza. Mourir en sauvant les autres. Inadmissible. Les chancelleries occidentales ont tout de suite pointé la responsabilité israélienne. Benyamin Netanyahou a admis une frappe israélienne « non intentionnelle ». Une reconnaissance inévitable face à une opinion publique vent debout contre les méthodes de Tsahal.
En Syrie, l’armée israélienne n’a pas fait dans le détail. Elle a détruit totalement le consulat d’Iran à Damas, avec une précision chirurgicale : treize personnes ont été tuées, dont deux responsables des Gardiens de la Révolution. Les autorités iraniennes ont déjà prévenu : « Israël sera puni ». On demande à voir. Après chaque raid israélien, Téhéran menace et vitupère. Mais rien de plus. On peut présumer qu’Israël attend le faux pas de l’adversaire qui ne vient pas. Les Iraniens sont conscient de ce jeu subtil. Téhéran peut jouer les picadors mais n’a pas l’énergie ni la force nécessaires pour porter l’estocade finale. Surtout, le gouvernement des ayatollahs craint plus que tout la destruction de son arsenal nucléaire en construction. Il n’empêche, ces foyers de tension à coups d’attentats et de raids font craindre un dérapage.