Saint-Dizier. Routes et trottoirs : le budget alloué est-il suffisant ?
URBANISME. A l’occasion du débat d’orientations budgétaires jeudi 15 décembre, l’élu d’opposition Jean-Luc Bouzon a souligné l’état lamentable de nombreuses rues, photos à l’appui. Un débat qui revient régulièrement sur la table, lors des échanges sur le budget qui leur est accordé par la Ville.
« Nous sommes loin du compte. Je propose un plan pluriannuel de réfection des rues. » C’était l’idée émise par Jean-Luc Bouzon, élu communiste d’opposition, lors du Débat d’orientations budgétaires (DOB) le 20 décembre 2021. Une réflexion qui intervenait suite à la présentation des grandes lignes d’investissements pour l’année 2022 par le maire Quentin Brière. A l’époque, l’idée était de consacrer 1,2 millions d’€ pour les petites réfections de voirie. Un montant qui ne comprenait pas les lancements d’études pour l’avenue de Belle-Forêt-sur-Marne (1 million d’€), ou encore la seconde étape de la rue Jean-Camus (1,3 million d’€).
1,25 million d’€ de budget
Un an après, jeudi 15 décembre dernier, toujours lors du DOB, le discours n’a pas vraiment changé. « Un million d’€ pour la voirie, ce n’est vraiment pas à la hauteur. Saint-Dizier, ville sportive, il suffit de regarder les trottoirs, c’est Paris-Dakar ! », insistait-il. Pour illustrer ses propos, Jean-Luc Bouzon a photographié, avec sa colistière de La gauche citoyenne Geneviève Donato, cinq rues dont la voirie ou les trottoirs (voire les deux) sont endommagés : Henry-Bordeaux, des Agnès, des Juliette, de Champagne et des Clefmonts. Les photos ont été assemblées dans un dossier, remis au maire Quentin Brière lors de la séance.
En premier lieu, l’édile a tenu à rappeler que « le budget alloué aux voiries a augmenté de 25 %. Il est de 1,25 million d’€ ». Surtout, ce dernier « n’intègre pas les axes majeurs ». Par exemple, la rue Godard-Jeanson en restructuration complète, pour laquelle la Ville devrait engager 2,9 millions d’€, ou l’avenue du Général-Giraud dont les trottoirs seront refaits (300 000 €).
Concernant le programme de rénovation, le responsable du service proximité de la Ville, Franck Fournet, dispose d’une liste, qu’il agrémente au gré des permanences de quartier. Toutefois, sur celles qui seront priorisées en 2023, le suspense reste entier.
Le nerf de la guerre
Comme l’avait rappelé l’adjoint aux Finances Franck Raimbault, trois jours plus tôt en détaillant le budget de fonctionnement : « Avec le contexte inflationniste, tout augmente. Pour l’univers du BTP, on parle de 10 à 15 % ». Dès lors, pas facile d’augmenter l’enveloppe consacrée à la voirie, surtout sans augmenter les taux de fiscalité : « Vous voulez des choses qui ne sont pas possibles ; baisser les impôts et augmenter le budget pour les trottoirs. Nous, on ne sait pas faire ça », a répondu Quentin Brière à Jean-Luc Bouzon. Le maire a ressorti un argument régulièrement utilisé lorsque l’état des voiries est évoqué lors des permanences de quartier. Par exemple, aux Ajots le 5 octobre dernier : « La Ville est dimensionnée pour 40 000 habitants, mais nous sommes aujourd’hui 23 000 ». Autrement dit, un nombre insuffisant pour rénover plus rapidement.
Toutefois, Jean-Luc Bouzon n’est pas à cours d’idée pour débloquer des fonds. Par exemple, en arrêtant ce qu’il appelle « du bling-bling » : « Quand on met 300 000 € pour quatre fresques… »
Louis Vanthournout
Plus de kilométrage de voirie
S’il y a beaucoup moins d’habitants, paradoxalement, le nombre de kilométrage de voirie ne cesse d’augmenter à Saint-Dizier. En avril 2002, les interlocuteurs du JHM faisaient état de 70 kilomètres communaux. En novembre 2008, 90 kilomètres communaux. Alors qu’aujourd’hui, il y a 160 kilomètres de voirie à Saint-Dizier ; 6 km appartiennent au département de Haute-Marne, 4,4 km à l’Office public de l’habitat, 16,7 km à l’Agglomération, 6,4 km sont des voies privées et 116,5 km appartiennent à la Ville.
En comparaison, d’après les chiffres communiqués sur le site de la Ville, Chaumont dispose d’environ 130 km de voirie communale (dont 20 km de voies privées ouvertes à la circulation publique).