Le plus dur – L’édito de Christophe Bonnefoy
Cette fois, on y est. Ou quasiment. Finies, les palabres. Pardon… les échanges avec les Français. Terminé, ce Grand débat destiné à coucher sur le papier des dizaines de milliers d’idées ; celles qui pourraient, qui devraient, aider à ramener la sérénité chez des citoyens que la hausse des prix du carburant avait chauffés à blanc.
Mais ça n’est pas si simple. Les semaines qui viennent, et particulièrement le moment où le président de la République dévoilera les mesures nées de cette gigantesque concertation, seront à très haut risque. Les Gilets jaunes, même si le nombre des manifestants a largement fondu au fil des samedis, attendent le chef de l’Etat au tournant. Plus globalement, nos compatriotes espèrent de vraies réponses à un mal-être profond. Mais il ne faut pas être naïf : il ne pourra y en avoir pour tout le monde. Bien évidemment, on se doute que quelques annonces fortes sortiront du chapeau présidentiel. Mais les billets de banque ne se ramassent pas à la pelle. Il y aura donc, pour quelques motifs de satisfaction, de nombreuses occasions de relancer la machine de la protestation. Et de nombreux déçus sur de nombreux sujets.
C’est sans doute là que le gouvernement devra être le plus habile, le plus pédagogue, le moins abrupt. Il va falloir expliquer – et surtout faire accepter – en matière sociale particulièrement, pourquoi certaines revendications de base n’ont pas été entendues. Ou en tout cas ne peuvent trouver réponse, au moins immédiatement.
Le plus dur attend donc Emmanuel Macron. L’opposition et les Gilets jaunes lui ont reproché de se servir du débat pour temporiser. Ou noyer le poisson, c’est selon. Mais la colère persistante l’oblige à poser du concret sur la table.