La pression de l’humanitaire – L’édito de Patrice Chabanet
Le temps de la guerre éclair est bien loin. On ne parle plus de jours, mais de semaines et bientôt, sans doute, de mois. Gaza dévore des vies humaines à grande vitesse. La population civile est la grande pourvoyeuse de cette tuerie. D’où ces manifestations aux Etats-Unis et en Europe pour exiger une trêve humanitaire ou un cessez-le-feu. De facto Israël se trouve confronté à un double défi. Le premier : détruire l’armature du Hamas qui a provoqué le plus grand pogrom depuis 1945. Y renoncer reviendrait à encourager l’organisation terroriste à recommencer ailleurs. Le second : limiter au maximum le nombre de pertes civiles. Les jours passant, la compassion internationale risque de changer de camp et de faire oublier l’origine du conflit : le crime monstrueux commis par le Hamas.
Américains et Européens pressent l’Etat hébreu d’autoriser l’ouverture de couloirs humanitaires. Pas question, répondent les Israéliens, tant que les otages n’auront pas été libérés. Autant dire que la situation reste bloquée, aucun des belligérants ne voulant perdre la face.
Seul signe encourageant : le Hezbollah et son bailleur de fonds, l’Iran, s’en tiennent aux menaces et aux vociférations. Il ne faut y voir aucun signe de mansuétude. Toute action directe de Téhéran provoquerait la foudre américaine. Deux porte-avions et leurs escadres en Méditerranée ne laisseraient aucune chance à l’appareil militaire iranien. Les périodes changent mais des notions restent pertinentes. Le rapport de force en est une.
p.chabanet@jhm.fr