Des ramasseurs aux anges
Benjamin Dubreucq et Hugo Dromigny, tous deux licenciés au COSD-TCB, sont, depuis le début des qualifications, ramas- seurs de balles pour le prestigieux tournoi parisien. Les deux garçons, ramasseurs au filet, ont déjà eu la chance de côtoyer les meilleurs sur le Central, lors de la première semaine. Un privilège.
Agé de 13 ans, Benjamin, classé 15/3, revient pour la seconde année consécutive Porte d’Auteuil. «C’est toujours un plaisir de revenir ici. En plus, avec Hugo, nous nous connaissons bien. J’ai déjà ramassé sur le Central et le Lenglen. J’ai pu voir de près Novak Djokovic, Jo-Wilfried Tsonga, Serena Williams, Benoît Paire. Je n’ai pas encore fait Nadal, mon joueur préféré, qui je l’espère, va soulever son dixième trophée», précisait le jeune gar- çon avant de prendre connais- sance de l’abandon de celui- ci vendredi, tout de bleu vêtu, dans sa tenue de ramasseur. «J’ai fait une lettre de motivation et on m’a repris», poursuit celui qui avait tenu la main de Serena Williams, l’an passé, avant la finale.
«A nous d’adapter notre ramassage»
Passant sur les différents courts, après le briefing avec le respon- sable, David Portier, et l’échauffement, le jeune garçon nourrit des ambitions légitimes pour la suite du tournoi. «J’espère faire au moins un huitième de finale. Cela dépendra de mes notations. Nous sommes 250 ramasseurs, dont huit Chinois et deux Australiens. Tout se passe bien pour le moment», déclare l’un des rares privilégiés à venir ramasser deux ans de suite, car ils ne sont qu’une trentaine dans ce cas.
Pour Hugo Dromigny, 14 ans et classé 30/3, c’est une découverte. «J’ai pu faire le match Murray-Stepanek, sur le Central, le même jour que Benjamin, Djokovic, Tsonga, en tant que ramasseur de filet. J’ai passé une demi-journée de tests à Reims, j’ai été pris pour un stage de cinq jours à La Baule, et j’ai fait partie des heureux élus. C’est une belle opportunité de côtoyer les grands joueurs. Certains ont leurs habitudes et c’est à nous d’adapter notre ramassage», se réjouit Hugo, dont la famille est venue mercredi. Le ramassage, c’est loin d’être de tout repos. «Nous avons des règles strictes. Il ne faut pas cacher les sponsors, ne pas passer devant les joueurs, les caméras. Nous ramassons sur des périodes de trente minutes et j’aimerais continuer l’aventure sur de grands courts en deuxième semaine.»
Sur les 250 ramasseurs, il n’y aura que 18 élus pour les finales. Les deux Nord Haut-Marnais vont tout faire pour faire partie des privilégiés. Ils repartiront tous deux, en tout cas, avec des souvenirs plein la tête.
Nicolas Chapon