Axel Clerget : « j’adore l’ambiance de Bercy »
Dans son jardin de Bercy, le Haut-Marnais Axel Clerget retrouve les tatamis pour la première fois depuis les Jeux de Tokyo, cet été. Le champion olympique par équipes mixte, qui s’est fait opérer d’une pubalgie, n’attend a priori pas de miracles de son 14e tournoi de Paris. Et pour la première fois en -100 kg.
Quotidien : Comment allez-vous après votre opération ?
Axel Clerget : « Je suis remis de mon opération de ma pubalgie. Je me suis fait couper les deux adducteurs et on m’a resserré les abdominaux, pour éviter les hernies, avec le professeur Reboul. Cela me fait quatre belles cicatrices. Etant donné que je reprends l’entraînement depuis peu, avec le staff médical, et qu’il y a eu quelques excès, on a décidé de ne pas faire de perte de poids afin de ne pas fragiliser la zone. Après l’opération, cela a été douloureux dix à quinze jours. Il y a un regain incroyable. Après tout ce que j’ai vécu, c’est agréable de pouvoir reprendre le judo avec le sourire. Depuis un an et demi, mon quotidien était de faire 40 minutes d’échauffement et une heure de soins après mes séances. Plus le renforcement de la zone la veille de chaque séance judo. C’était très lourd. Maintenant, je peux m’entraîner comme je veux. »
Quotidien : Qu’est-ce qui vous motive pour cette saison ?
A. C. : « Un titre de champion du monde, en octobre, à Tachkent. Les gros championnats m’excitent, tout comme Paris. J’ai compris depuis 2017 que tout se joue sur les grands championnats. Je suis régulièrement sur tous les podiums depuis 2018, après avoir fait moins de sorties. Cela m’a bien réussi. Je m’entraîne différemment également. Je suis parti de l’INSEP, où je suis depuis une quinzaine d’années, pour partir à l’étranger, faire des stages, développer des choses nouvelles et travailler d’autres chaînes musculaires. »
Vous pourriez être intéressé par cet article :
Quotidien : Que représente ce tournoi de Paris ?
A. C. : « Il n’y a pas d’objectif. Je ne suis pas à 100 %. J’ai très peu de séances d’opposition. Pour moi, cette année, c’est une reprise et je n’ai pas d’obligation de résultat. Je reprends à peine après une quarantaine car j’ai eu le Covid. Après, j’adore cette ambiance. C’est aussi le retour du public, sans jauge, depuis deux ans et ma dernière compétition coachée par Christophe Massina. Il y aura mon fils dans les tribunes. J’espère pouvoir m’exprimer ici pour mon 14e tournoi de Paris (quatre podiums, deuxième en 2017, troisième en 2009, 2018, 2020). Même si j’ai trop peu de séances d’opposition. Cela sera un beau défi en -100 kg. J’épargne aussi mon corps dans l’optique de Paris 2024. Je vois toujours mon avenir en -90 kg. J’ai envie de m’amuser. Quand je pense à ce tournoi parisien, je me souviens des voyages en bus depuis Saint-Dizier, à 6 h du matin, où je pouvais voir les champions. C’était la récompense de l’année pour le club que l’on finançait par différentes opérations. Pour moi, c’est la plus belle salle au monde et le public le plus chaud pour le judo. Je me souviens de ma première médaille, en 2009. Le public m’avait porté. C’est mon jardin. Je connais les coursives par cœur. J’adore cette salle. »
Quotidien : Quel va être votre programme en 2022 dans l’optique des JO dans deux ans et demi ?
A. C. : « On est en train de valider le programme. Je vais aller chercher des sports différents comme la boxe et beaucoup de stages à l’étranger. Forcément, cela passe par les grands championnats, et notamment les Mondiaux en Ouzbékistan et Abu Dhabi l’an prochain. A 34/35 ans, je ne vais pas faire beaucoup de compétitions. Je gère mon pic de forme. Je vais gérer tout cela pour être en forme le jour J, aux championnats. »
Propos recueillis par Nicolas Chapon