Apaiser – L’édito de Christophe Bonnefoy
Allez donc expliquer aux Indonésiens – et à d’autres, ailleurs… – qu’il faut parfois savoir laisser ses problèmes de côté, particulièrement en cette période de festivités. Qu’il faut, quelle que soit sa religion, croire en des jours meilleurs, en des lendemains qui sourient. Allez donc, pour le coup, parler de réchauffement climatique aux habitants qui viennent de subir de plein fouet les conséquences du tsunami provoqué par le volcan Anak Krakatoa ; aux familles des plus de 400 morts. Réchauffement ou pas, leur région est propice au phénomène. On se souvient, bien évidemment, de 2004 et de ces images qui, presque quinze ans après, restent traumatisantes.
Bien sûr, il faut toujours comparer ce qui est comparable. Mais aussi avoir en permanence à l’esprit que, comme on le dit souvent un peu trop systématiquement, il y a toujours quelque part plus malheureux que soi. Facile, mais tellement vrai…
Dans sa traditionnelle intervention, le 24 au soir, le pape s’est évidemmment attaché à diffuser son habituel message de paix, évoquant tour à tour le Yémen, la Syrie, l’Ukraine ou encore le conflit israélo-palestinien. Les yeux tournés, aussi, vers l’Indonésie. Avec un appel qui pourrait se résumer en un mot, finalement : fraternité. Presque simultanément, c’est la reine Elizabeth II qui appelait justement à faire preuve de « respect » les uns envers les autres, en pleins débats sur le Brexit. Un peu plus au Sud, le roi Felipe VI défendait, lui, la « coexistence » des Espagnols. Pour les deux monarques, une autre façon de dire à peu près la même chose que le pape François. En quelque sorte, ne pas laisser la porte ouverte aux va-t-en-guerre de tout poil.