La Mouche, un chantier exemplaire pour la biodiversité
Le chantier de renforcement du barrage de La Mouche a été l’occasion de mesures particulières pour préserver grenouilles et autres lézards pour que les travaux n’aient pas d’impact sur la biodiversité. Ce projet a été retenu par AXA dans le cadre d’un mécénat.
Les gros travaux sur le lac de La Mouche sont terminés. Le côté aval a été renforcé par l’apport de 23 000 tonnes de granulats. Le côté amont a bénéficié d’une opération d’étanchéité avec l’ajout de 30 centimètres de béton projeté de part et d’autre du masque Levy. Ce qui est en cours, c’est l’installation d’une vanne à clapet au niveau du déversoir de crue. Et la reprise du coursier, la descente en maçonnerie pour évacuer l’eau du déversoir.
C’est d’ailleurs à cet endroit que lors de la préparation du chantier, «l’inventaire faune-flore que l’on doit effectuer avant les travaux a mis en évidence la présence d’espèces protégées de reptiles, de batraciens ainsi que d’oiseaux dans l’évacuateur de crue», explique Thierry Badier, du bureau technique de Voies navigables de France. Pour effectuer les travaux prévus, pas d’autres solutions que de déroger à la réglementation sur les espèces protégées.
VNF ont apporté des mesures de préservation en constituant un dossier validé par les services de l’Etat. VNF ont alors présenté ce dossier ainsi que neuf autres à une opération de mécénat lancée par AXA dans le cadre de la préservation de la biodiversité. Cette opération de mécénat est dotée d’une enveloppe de 500 000 €. Le dossier de La Mouche a été défendu par les agents généraux AXA de Haute-Marne et fin mai, VNF Grand-Est apprenait qu’il était retenu et se voyait remettre un chèque de 100 000 €. C’est ce chèque qui a été remis symboliquement par le directeur régional de l’assurance, Thibaud Debonnaventure au directeur régional VNF, Antoine Vogrig mercredi 11 octobre.
Ce dernier a rappelé le partenariat qui a permis de réaliser le chantier de 9 millions d’euros pour la mise aux normes du barrage. Le Conseil départemental, le GIP, l’agence de l’eau, le Smipep et donc Axa. «Le partenariat avec AXA touche quelque chose d’essentiel : la protection de l’environnement», a rappelé Antoine Vogrig.
Un suivi pendant 20 ans des mares de La Mouche
Les batraciens et autres reptiles trouvés au lac de La Mouche ne sont pas anecdotiques. «On en a trouvé en nombre, et c’est d’ailleurs ce qui nous a surpris», commente Arnaud Petitot, adjoint au responsable de l’Unité territoriale d’itinéraire de VNF. Cette faune particulière vivait dans le coursier qui est composé de plusieurs escaliers avec une contre-pente ou stagnait de l’eau. Quarante-neuf grenouilles vertes et 250 larves, tritons alpestres et 750 larves, couleuvre helvétique ont été retrouvés et transférés dans des mares spécialement conçues pour eux.
Une opération réalisée en septembre avec les agents de l’assurance qui ont été conviés à apporter leur aide symboliquement. En effet, les mesures compensatrices, financées par le mécénat, ont permis de créer des mares à proximité du coursier ainsi que des nichoirs à oiseau et des gîtes sous forme d’amas de branchages et de pierres.
Une convention avec un écologue va permettre un suivi du site pendant 20 ans et d’observer l’évolution de la faune. «C’est un partenariat hautement symbolique. Lorsque l’on touche à l’eau, on touche à la vie», a rappelé Thibaut Debonnaventure. «Nous avons un rôle sociétal important autour de la protection de l’environnement. C’est un sujet très sensible surtout lorsque l’on observe l’augmentation des déclarations pour catastrophes naturelles», a-t-il fait remarquer.
Ph. L.