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Prendre soin de ses ongles pour le fun… et surtout pour faire du bien

Après un accident ayant abîmé la phalange, l’ongle repoussait recourbé.

Prendre soin de ses ongles peut certes répondre à l’aspiration de se la jouer « femme fatale ». Toutefois, beaucoup plus souvent, on confie l’extrémité de ses doigts parce qu’on… la mange compulsivement. À Andelot, Elodie Leroux explique comment elle restaure l’apparence des ongles des personnes qui se les rongent.

Onychophagie, c’est le nom de la manie de se ronger les ongles que nous avons tous peu ou prou connue. Elle peut, las, durer. Si nous avons chacun nos tics, que celui-ci vire au trouble obsessionnel compulsif (TOC) et, non seulement il peut répondre à une difficulté personnelle coriace, mais il peut impacter la vie sociale. Ainsi, il y a peu d’employeurs à ne pas jeter un œil à nos mains… dont nos ongles sont le prolongement… ou pas… précisément si nous les mangeons. Nous sommes assez nombreux à être concernés – hommes et femmes tout à la fois – pour qu’à Andelot-Blancheville, Elodie Leroux, qui fait du soin des ongles son métier depuis le 1er mars 2017, ait prévu un « forfait spécial ongles rongés ».

Ongle moignon

« Je procède à un allongement des ongles, même si l’on est contraint de « faire du court » ». C’est qu’Elodie se retrouve « avec de la peau remontée comme celle d’un moignon ». Elle réalise alors « un remplissage ». Observons nos ongles pour se représenter la manœuvre. « L’ongle pousse au niveau de la cuticule, la partie de la peau de la dernière phalange (qui enserre l’ongle, NDLR). Je comble cet espace avec du gel ou de l’acrygel ». Après quoi, Elodie aborde la phase de catalysation qui durcit un gel ou l’autre. Vient alors « la mise en forme à la lime », qui comme son nom le laisse supposer, consiste à « donner de la forme » à l’ongle. Pour sa part, Elodie tient à « faire deux pauses, à quinze jours d’intervalle ». La professionnelle le dit tout net : « il faut être scrupuleux sur le remplissage car, au début, les gens rongent… le gel. » Même si, une fois durcis, l’affaire se complique.

Un je-ne-sais-quoi de plus à gagner

« Je suis aussi amenée à faire de la reconstruction d’ongles ». Un exemple illustrant lui vient aussitôt en tête : dans sa clientèle, une personne a eu un accident avec une trancheuse, et la moitié de sa dernière phalange a beaucoup souffert. « Son ongle repoussait en étant recourbé au bout de son doigt ». Des prothèses ongulaires ont alors été créées, adaptées au type et à la forme de son ongle, dans le même temps qu’à la phalange. En parlant de son métier, Elodie nous apprend que, si la visée esthétique peut compter, il y a parfois « autre chose » à en attendre.

« On parle beaucoup avec les mains »

« On parle beaucoup avec les mains ». Alors, oui, « des ongles faits, c’est plus joli ». Sans convoquer de fanfreluches pour autant : « même si on fait en sorte que ça reste naturel ». Et oui aussi, au travail, on pose un jour ou l’autre son regard sur les ongles de son interlocuteur. Elodie « préfère » que ses clients professionnels de santé évitent d’avoir les doigts ensanglantés à force de ronger leurs ongles. « Pour ma part, j’estime que pour apporter du soin, avoir des ongles soignés est un impératif ». Il lui arrive des contours d’ongles si durcis que « la chair n’est même plus rosée » et ça lui « fait mal » pour les personnes concernées. En tout cas, loin de l’idée d’Elodie de porter un jugement. Elle-même n’est d’ailleurs pas au point avec ses propres ongles. « Je gratouille la cuticule… ».

Matrice arrachée ? Cap sur les urgences

« Les ongles, c’est un entretien de chaque mois ». Une fois qu’ils sont équipés d’une structure consolidante, il faut donc la « retoucher » au même rythme « sinon on risque de se blesser ». Hypothèse qui est loin de faire rigoler Elodie. « Ça peut aller très loin : quand on s’arrache la matrice de l’ongle, c’est direction les urgences ». Si les clients d’Elodie sont plutôt âgés de 25 à 40 ans, le spectre remonte à 18 ans pour pousser jusqu’à la soixantaine. En revanche, « très peu d’hommes viennent pour la manucure » – toutefois, Elodie a un client très régulier : son époux.

Elodie Roux réalise les dessins sur les ongles à main levée
Elodie réalise les dessins sur les ongles à main levée.

Hors de question surtout pour elle d’accepter des clients mineurs. « La maturation de l’ongle reste en cours. Je redoute les effets des produits chimiques, qui sont susceptibles d’altérer sa matrice ». À ses filles qui la tannent, elle tient le même discours ferme. Elles sont juste autorisées à porter des « patches en silicone » car « en mettant les mains dans de l’eau chaude savonneuse, ils disparaissent ». Comme les « tatoos » qu’on trouvait dans de gros chewing-gums, jadis.

Fabienne Ausserre

f.ausserre@jhm.fr

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